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Voici un petit rituel ludique pour aider votre enfant à  apprivoiser ses peurs et se débarrasser des angoisses qui l’envahissent. L’idée est toute simple : représenter les peurs par un gros nuage gris que votre enfant pourra froisser, brûler, piétiner. Et magie, les peurs disparaissent !

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Télécharger gratuitement la Fiche Activité : Aider l’enfant à apprivoiser ses peurs

C’est un sujet qui me tient particulièrement à cœur car mon petit Tristan souffre d’un syndrome d’anxiété qui s’exprime par des troubles de comportement. C’est comme-ci ses peurs et angoisses prenaient possession de lui, il est donc en permanence très agité, voire « survolté » par moments, et éprouve beaucoup de difficulté à trouver le calme tant dans son corps que dans sa tête. Il ne parvient pas à rester en place, bouge dans les sens, saute et crie pour occuper l’espace ressenti comme trop vide. Il exprime que son cerveau va trop vite, des millions de questions l’assaillent et trouver le sommeil est une réelle épreuve. Mon enfant exprime de nombreuses peurs tant verbalement qu’à travers des attitudes inadaptées lorsqu’il se retrouve dans une situation qui l’angoisse.

Activité pour aider l’enfant à se débarrasser de ses peurs

J’ai donc imaginé un rituel inspiré de psychologie de l’éducation et de sophrologie : l’idée générale est d’apprendre à l’enfant à identifier les objets d’anxiété, les nommer, et à prendre conscience de sa capacité mentale à agir sur ses propres peurs et à en devenir maître.

 

activite-enfant-surmonter-peursMatériel à prévoir :

Etape 1 : Instaurer un dialogue autour des peurs de l’enfant

activite-enfant-apprivoiser-peursCommencez par expliquer à votre enfant la démarche et l’idée de l’activité que vous lui proposez. Demandez-lui préalablement s’il a des peurs. Une fois qu’il a répondu, proposez-lui de prendre un moment ensemble pour les regarder de plus près et voir s’il serait possible de s’en débarrasser. Demandez-lui s’il est d’accord.

Expliquez-lui qu’il va dessiner un nuage dans lequel il va pouvoir mettre toutes ses peurs et toutes ses angoisses. Qu’ensuite il pourra froisser ce nuage, le brûler puis piétiner les cendres jusqu’à ce que toutes ses peurs soient en poussière.

Avant de passer à l’étape 2, pensez à télécharger vos étiquettes peurs à imprimer en cliquant sur ce lien :

https://monenfantadupotentiel.com/wp-content/uploads/2017/12/Etiquettes-Peurs.pdf
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Etape 2 : Aider l’enfant à identifier ses peurs

Placez la feuille blanche devant l’enfant et proposez-lui de déposer tout autour les étiquettes de peur. Placez le plateau sur le côté.

Invitez l’enfant à dessiner un nuage qui occupera toute la feuille. activite-enfant-apprivoiser-peursEnsuite, il va pouvoir choisir les étiquettes d’angoisses et de peurs qu’il reconnait en lui et dont il ne veut plus.

lisez-lui une première étiquette et expliquez-lui que s’il s’agit d’une peur qu’il a dans son cœur il dépose l’étiquette dans le nuage. Si cette peur n’est pas en lui, il peut alors simplement déposer l’étiquette dans le petit plateau. Procédez ainsi étiquette par étiquette en respectant ses choix et en intervenant aucunement dans ses décisions.

Etape 3 : Aider l’enfant à prendre conscience de ses peurs et évaluer leur intensité

L’enfant va pouvoir relire (ou vous entendre relire) les étiquettes  qu’il a sélectionnées et classer ses peurs selon leur intensité :

aider-enfants-gerer-peursProposez à l’enfant de coller (avec votre aide si besoin) toutes les étiquettes dans le nuage. En même temps, vous en profitez pour lire à nouveau les peurs que l’enfant a sélectionnées et invitez-le à entourer en rouge les peurs les plus grosses dans son cœur. Découpez ensuite les contours du nuage.

Etape 4 : Libérer la parole de l’enfant

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Prenez un moment pour observer le nuage avec votre enfant. Faites-lui remarquer qu’il y a beaucoup de peurs dans son cœur, et que cela doit parfois être difficile pour lui. Demandez-lui comment il le vit, si cela peut expliquer certaines de ses réactions…L’idée n’est pas de commenter ce que votre enfant va dire, ni de le guider dans cette observation mais simplement d’accueillir ce qu’il a à exprimer, sans jugement.

Etape 5 : Faire ressentir à l’enfant que son esprit est capable de dominer la peur et l’anxiété

Pour conclure la discussion, dites à l’enfant que peut-être il serait temps qu’il puisse se libérer de toutes ces peurs qui sont à l’intérieur de lui. Et que c’est ce qu’il va faire. Accompagnez-le dehors, et proposez-lui de faire une boule avec le nuage en le froissant. Ensuite, avec une allumette, mettez le feu au papier. Laissez l’enfant avoir le plaisir de tenir le papier avec le feu allumé et le déposer lui-même au sol dès que la flamme a bien pris. Faites-lui confiance, il n’en sera que plus prudent.

Regardez ensemble le papier brûler et vivez-le avec lui comme un vrai moment de réjouissance. Invitez-lui à dire à adieu aux peurs, que maintenant c’est terminé, qu’elles ne viendront plus l’embêter. Une fois que le feu a consumé toute la feuille et qu’il est éteint, votre enfant peut piétiner les cendres et les mélanger à la terre avec les pieds. Il ne doit plus rien rester du nuage, plus aucune trace ! Laissez-le se défouler, c’est très bien !

Bravo, votre enfant est devenu maître de ses peurs et peut à préparer les apprivoiser et s’en débarrasser !

 

Retour d’expérience sur la gestion des peurs de l’enfant pour approfondir :

Tristan a adoré ce rituel pour apprendre à apprivoiser ses peurs. Il était très concentré tout au long de l’exercice et très impliqué. Il n’a eu aucun mal à sélectionner les peurs qui le concernaient et à jeter celles qui ne le concernaient pas. J’avais volontairement choisi des étiquettes représentant des peurs pour lesquelles je savais que Tristan se sentirait particulièrement concerné comme la peur d’être trop intelligent ou encore la peur de la maladie et de la mort. J’avais aussi ajouté des peurs qui n’appartenaient pas à Tristan afin qu’il puisse aussi avoir le plaisir de voir que toutes les peurs ne le concernaient pas et qu’il savait déjà en dominer certaines, comme par exemple la peur des animaux sauvages ou encore la peur du danger. J’avais aussi intégré des peurs anciennes comme la peur des enfants qui fut très intense autrefois pour Tristan, juste pour lui faire remarquer qu’il a connu cette peur mais que désormais elle est dans le plateau, ce qui signifie qu’il a réussi à s’en libérer…

Dans l’étape 3, Tristan a imaginé un code à double couleur avec le rouge pour les grosses peurs et le noir pour les peurs vraiment insupportables. Je l’ai laissé faire, car je trouve l’initiative intéressante, cela signifiait que Tristan s’appropriait réellement l’activité et la faisait sienne. Finalement toutes les peurs ont été entourées donc nous sommes revenus à l’idée de diviser les peurs en deux catégories.

Evidemment, j’ai été aussi surprise de certaines de ses décisions. Par exemple il a plusieurs fois choisi des étiquettes contradictoires : la peur d’être trop intelligent et la peur de ne pas être intelligent, la peur d’être trop bien et la peur d’être nul. J’en ai profité pour dire à Tristan que le cœur est étrange parfois et qu’en effet il peut avoir des sentiments contradictoires…

Je me suis même demandé si je n’aurais pas dû proposer plus d’étiquettes contradictoires pour lui permettre d’exprimer des peurs qu’on soupçonne parfois moins.

L’idée peut être intéressante à transposer : un enfant qui a un problème de poids peut avoir peur d’être trop gros mais aussi peur de ne pas être assez « costaud » / un enfant qui a peur d’être mal aimé peut avoir peur d’être trop aimé / un enfant qui a peur d’être grondé peut avoir peur ne pas l’être / un enfant qui a peur d’être trop lent peut avoir peur qu’on le « bouscule »… et prendre conscience de ces contradictions peut évidemment lui faire prendre conscience des stratégies qu’il a mises en œuvre. C’est pour cela que vous devez prendre le temps de bien préparer les étiquettes, en fonction de ce que vous percevez de votre enfant, pour qu’il y trouve ce qu’il a besoin d’exprimer, sans qu’il ressente non plus que vous avez en fait déjà choisi pour lui. J’en avais 36 en tout et j’ai trouvé le nombre parfait pour un temps ni trop court ni trop long et pour un choix suffisant d’étiquettes (excepté la question des étiquettes vides, cf la partie “retour d’expérience”).

En effet, un enfant dont la surdouance peut être difficile à vivre comme c’est le cas pour Tristan peut avoir développé même tout petit des stratégies de camouflage de cette intelligence trop encombrante. Tristan par exemple exprime parfois qu’il ne veut pas que les autres s’aperçoivent qu’il est très intelligent ou encore qu’il ne donne pas le meilleur de lui-même car il ne veut enfant-gestion-peurs-emotionspas montrer ce qu’il sait faire… Si cet exercice permet de donner un espace de liberté pour exprimer ces peurs cachées, c’est un premier pas immense.

Une dernière chose importante concernant les étiquettes : je me suis aperçu lorsque Tristan a raconté à son père son activité du jour qu’il avait certaines peurs que je n’avais pas prévu de représenter dans les étiquettes car je n’avais pas idée de ce qu’il pouvait être habité par de telles angoisses : il a cité la peur d’un accident de voiture, la peur qu’un arbre lui tombe sur la tête, le tremblement de terre et le tsunami. Alors mon conseil est de prévoir des étiquettes vides pour que l’enfant puisse y inscrire des peurs qui lui sont très personnelles.

La dernière étape de destruction du nuage et un moment vraiment agréable à partager. Les enfants adorent le feu et en comprennent instinctivement la symbolique. Brûler et piétiner le nuage a été pour Tristan un pur instant de jubilation !

Petite précision utile ? une activité ne remplace en aucun cas une thérapie : Bien évidemment, cet exercice ne suffit pas à régler des peurs profondes et envahissantes. Il faut si nécessaire envisager une prise en charge par des professionnels (psychologues et pédopsychiatre). Tristan est très suivi et en a besoin pour pouvoir travailler sur ses angoisses.

Cette activité permet simplement de mettre des mots sur les peurs que trop souvent les enfants apprennent à taire et prendre conscience de leur propre capacité à gérer leurs peurs et agir sur elles. Consacrer un moment pour faire cette activité c’est aussi un message parental fort : vous dites à votre enfant que vous vous préoccupez de ses peurs et que vous vous souciez de son bien-être et pas seulement de savoir s’il a fait ses devoirs pour lundi…

D’autres activités pour travailler sur la peur et l’anxiété ?

Pour approfondir l’apprentissage de la gestion des émotions, je ne peux que vous conseiller d’initier votre enfant à la méditation : cette pratique lui permettra d’apprendre à observer ses ressentis et à s’en distancer. J’ai créé une petite vidéo d’initiation que vous pouvez découvrir dans mon article La méditation pour les enfants
 

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En cadeau de bienvenue je vous offre le Guide des Mini-méditations pour initier votre enfant en partageant ensemble un moment de bien-être !

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