Qu’est-ce qu’un enfant surdoué ou précoce ? Comment le repérer ? Quelle approche éducative adopter ? Parce que le surdoué évolue généralement loin des idées préconçues habituelles, il est important de mieux connaître ces enfants dotés de capacités et de qualités exceptionnelles mais qui ont besoin d’un accompagnement adapté pour les exprimer et pour les vivre sereinement.

  Qu’est-ce qu’un enfant surdoué ?

Les appellations utilisées pour évoquer la précocité ont conduit à bien des fausses interprétations. En effet, le terme de “surdoué” laisse penser que l’enfant est une sorte de génie qui aurait des dons innés exceptionnels. Celui de “précoce” suppose que l’enfant est en avance et qu’à un moment donné, les autres le rejoindront alors qu’un surdoué le reste en réalité toute sa vie. Désormais, les professionnels adoptent plutôt la notion d’Enfant à Haut Potentiel Intellectuel (H.P.I.) qui semble mieux correspondre à la réalité.

Un enfant surdoué n’est pas un enfant comme les autres. Il pense et ressent différemment en raison d’un système cognitif qui lui est propre. Ce n’est pas tellement une question de quantité d’intelligence mais bien de qualité de pensée, de réflexion et de perception. L’enfant surdoué se définit par deux composantes essentielles :

  • Un Quotient Intellectuel Hors Normes : Un enfant précoce obtient un score de QI supérieur à 130, ce qui signifie que ses capacités intellectuelles sont très au-dessus de la moyenne de ses pairs.

  • Des particularités intellectuelles mais aussi affectives : L’enfant surdoué a une forme d’intelligence très particulière et possède une structure de raisonnement qui lui est propre. Tant sur le plan intellectuel qu’affectif, il présente des particularités bien spécifiques. Sur le plan intellectuel, son fonctionnement cognitif agit à partir d’un mode de pensée en arborescence. Sur le plan affectif, l’enfant surdoué perçoit son environnement avec une finesse et une acuité exceptionnels et possède une capacité très développée à utiliser ses sens non seulement mais également à ressentir l’état émotionnel des autres.

Comment l’enfant surdoué agit au quotidien ?

L’enfant surdoué est souvent un enfant difficile, opposant, qui met à l’épreuve ses parents. Intolérant à la frustration, il accepte également mal le cadre et les limites. Il les teste en permanence et discute tout. Son impatience est forte et il exige face aux besoins qu’il ressent une satisfaction immédiate. Il peut donc adopter des comportements inadaptés ou excessifs, se perdre dans de vives colères ou exprimer une tristesse intense.

Ce sont des enfants qui vont s’intéresser à des sujets pour lesquels ils n’ont pas encore acquis une maturité émotionnelle suffisante. Il sont ainsi confrontés à des réflexions profondes telles que la mort, les limites de la vie, l’infini, notre place dans l’univers ou encore le sens de l’existence.

Ils peuvent se sentir dépassés par les tonnes de questions qui les assaillent et pour lesquelles il n’existe pas de réponse réellement satisfaisante. Leurs pensées deviennent alors objets d’angoisse et d’anxiété.

Ces inquiétudes sont à la source même de leur comportement difficile. L’attente et la frustration génèrent des pensées et c’est justement ce que l’enfant précoce cherche à éviter à tout prix puisque son mode de pensée particulièrement complexe l’amène sur des terrains sans limites et donc terrifiants.

Comment aider et accompagner au mieux un enfant surdoué ?

Dans son livre “l’enfant surdoué”, Jeanne Siaud-Facchin, psychologue clinicienne et experte référente en matière de surdouance, explique que poser un cadre est une nécessité vitale pour le développement de ces enfants et pour se prémunir de conflits incessants. En effet, ces enfants qui sont effrayés par ce qu’ils ignorent ou saisissent mal éprouvent un besoin urgent de maîtriser leur environnement, d’en contrôler les paramètres, d’anticiper leurs évolutions et de connaître les issues à l’avance. Ils ont donc besoin d’une précision absolue dans les mots, les idées, pensées, les notions et dans les règles qui sont instaurées.

Parce que sa pensée est sans limites, parce que ses interrogations sont infinies et le champ des possibilités qu’il perçoit se déploie à perte de vue, le jeune surdoué a besoin d’un cadre solide qui l’encercle et le contient, lui offrant une enveloppe de protection qui lui est indispensable pour être en paix. C’est la raison pour laquelle il va vérifier à tout moment que le cadre qui lui est offert est suffisamment solide pour résister aux assauts. Pour le tester, il va donc l’attaquer sans répit pour s’assurer que les barrières qui l’entourent sont incassables.

Si l’adulte cède devant la détermination de cet enfant, ce dernier aura la satisfaction immédiate d’avoir gagné. Mais il souffrira finalement car il aura confirmé qu’il est seul, ne peut compter sur personne de plus fort que lui qui puisse le protéger.

Comment imposer un cadre solide au surdoué en demeurant bienveillant ?

Pour aider au mieux un jeune surdoué, l’idée n’est pas de tout refuser mais bien d’être cohérent dans le cadre qu’on instaure. Jeanne Siaud-Facchin préconise de différencier les lois des règles qui sont imposées à l’enfant :

  • Les lois : c’est que qui est imposé par l’adulte car cela correspond à ses propres limites, celles au-delà desquelles il ne peut pas accepter car cela porterait atteinte à son propre territoire (celui au sein duquel il se sent en accord avec lui-même, qui sera donc différent pour chacun). L’enfant surdoué a besoin que ces lois soient expliquées, justifiées et comprises, les raisons pouvant être personnelles ou affectives, l’important étant que ce soit dit clairement. Une fois que cela a été fait, ces lois ne se discutent plus et elles ne changent plus.
  • Les règles : ce sont des aménagements. Ce sont des règles dont on peut discuter et pour lesquelles une négociation est possible. Des conditions peuvent être posées, un accord peut être pris, ensuite la règle ne doit pas être transgressée. Ces règles peuvent évoluer dans le temps.

L’auteur du livre “l’enfant surdoué” insiste sur l’importance de féliciter et d’encourager l’enfant surdoué qui naturellement a tendance à avoir une confiance fragile, étant parfaitement conscient de ses propres limites. Elle déconseille l’utilisation de la punition et préconise plutôt d’inciter à renouveler les bonnes actions. Ce conseil est d’ailleurs valable pour tous les enfants et je vous invite à lire à ce sujet mon article Parents-enfants : un défi de 21 jours pour améliorer le comportement et apaiser la relation, que j’ai écrit à l’issue d’un colloque avec Jeanne Siaud-Facchin.

Jusqu’où les souffrances de l’enfant surdoué peuvent le conduire et comment l’aider ?

Je viens de terminer la lecture du livre “Je suis un zèbre” de Tiana, jeune femme de 18 ans qui confie son parcours de jeune surdoué depuis l’enfance.

Loin de l’imaginaire qu’on se construit parfois sur ces enfants dits HPI (à Haut Potentiel Intellectuel), elle décrit un passé douloureux, des résultats scolaires irréguliers, des relations sociales complexes et des angoisses ingérables… Un témoignage simple et sincère qui permet de mieux comprendre ces enfants différents.

Voici une petite vidéo pour découvrir Tiana et  son ouvrage :

Tiana raconte sans aucun filtre comment l’angoisse a littéralement envahi cette jeune fille à l’aube de sa puberté. La peur de la mort, le sentiment permanent d’être différent, l’isolement, l’ont conduite à la phobie scolaire. A treize ans, elle fait un long séjour psychiatrique où elle sera traitée à tort pour schizophrénie. Le diagnostic d’enfant précoce sera posé plus tard et lui permettra enfin d’engager un véritable chemin de réapprentissage de la vie qu’elle décrit comme une authentique renaissance.

Consciente de ses forces et de ses fragilités, de cette différence qui porte enfin un nom (surdoué, précoce, zèbre ou HPI), la toute jeune Tiana va apprendre à assumer sa différence pour renouer avec elle-même et trouver une façon d’exister en se libérant des  masques qu’elle s’était construits années après années.

Elle va trouver refuge au sein de l’Association Zebra créée par la psychologue clinicienne Jeanne Siaud-Facchin, grande spécialiste de la précocité.

La psychologue a choisi de surnommer les surdoués “les zèbres”, depuis il s’agit d’une appellation très utilisée pour parler des enfants ou adultes à Haut Potentiel Intellectuel : “Le zèbre, cet animal différent, cet équidé qui est le seul que l’homme ne peut apprivoiser qui se distingue nettement des autres dans la savane tout en utilisant ses rayures pour se dissimuler, qui a besoin des autres pour vivre et prend un soin très important de ses petits, qui est tellement différent tout en étant pareil. Et puis, comme nos empreintes digitales, les rayures des zèbres sont uniques et leur permettent de se reconnaître entre eux. Chaque zèbre est différent.

Cette association accueille les jeunes adolescents surdoués en rupture avec le système scolaire pour leur offrir une pause et se retrouver avec leurs pairs et leur donne l’occasion de se reconstruire. Ils y sont accompagnés jusqu’à ce qu’ils soient capables de reprendre le chemin de l’école, des études ou tout simplement de la vie.

Comment gérer les situations de crise avec l’enfant surdoué ?

Tiana révèle avec pudeur et finesse quelques conseils pour faire face à ces situations mal connues, mal comprises et surtout mal prises en charge. En tant qu’adulte éducateur, parent ou enseignant auprès d’un enfant surdoué, nous avons un rôle à jouer pour les aider à mieux vivre leur différence et à être en paix avec eux-même :

  • Selon l’auteur, la priorité pour les aider est de permettre au jeune sur-doué de parler de ses difficultés, d’exprimer son mal-être, de verbaliser ce qui l’effraie et l’angoisse. Ce témoignage nous fait prendre conscience que leurs petites angoisses peuvent grossir au point d’enfermer le jeune surdoué dans un cercle dont il aura bien du mal à sortir si le dialogue n’a pas pu s’instaurer avant. Cela suppose de savoir entendre ce que ces jeunes ont à dire et d’accepter que l’école par exemple puisse être un très sérieux objet d’angoisse, contrairement à la fausse idée du petit génie à lunettes chouchou de la maîtresse… Le bien-être psychique ne doit jamais être sacrifié et le principe de “l’école à tout prix” peut s’avérer une stratégie dramatique à terme pour ces enfants. Nous pouvons les aider en les accompagnant à mieux comprendre leurs émotions et apprendre à les gérer en utilisant leurs propres ressources mentales. Vous trouverez des conseils et Activités pour aider l’enfant à gérer ses émotions dans mon article dédié à cette thématique.

  • Son deuxième conseil est d’encourager l’enfant surdoué à ne pas culpabiliser ni avoir honte de sa différence. En apprenant à s’assumer tel qu’il est, le jeune surdoué commence à vivre sans tricher, libéré des faux-self qu’il brandissait pour se protéger mais qui au fil du temps avaient finalement supplanté leur vraie identité. Le risque de cette stratégie de jeunes précoces qui cherchent à se débarrasser de leur différence est de se perdre en chemin… Pour aider l’enfant à avancer sereinement, Bioviva propose plusieurs Activités ludiques pour s’épanouir que je vous conseille et dont je me suis inspiré pour vous proposer une Activité pour développer la confiance en soi et se sentir lumineux !.
  • Son dernier conseil, tout aussi important à mon sens, est d’amener tous ceux qui interagissent avec l’enfant à sortir du stéréotype “surdoué-génie” pour mieux comprendre leur hypersensibilité, le niveau élevé de leurs angoisses et découvrir la variété d’individus et de personnalités que les sur-doués recouvrent.

Conclusion : Pour aider l’enfant surdoué, commençons par comprendre leurs fragilités

Derrière une rhétorique et un raisonnement surprenants de maturité, il faut veiller à considérer les enfants surdoués dans leur ensemble, avec toute la fragilité dont il peuvent faire preuve. Ils ont besoin de dialogue, d’affection et de considération. Ils cherchent de l’aide car ils souffrent d’hypersensibilité. Ils sont à vif, leurs émotions exacerbées se mêlant à une capacité aiguisée à ressentir les émotions des autres. Ils sont sous le jouc d’un excès permanent de stimuli émotionnels et trouver l’apaisement peut s’avérer très complexe. Jeanne Siaud-Facchin préconise la pratique de la méditation pour les accompagner vers le bien-être. Dans mon article consacré à la Méditation pour les enfants : apprendre à connaître son esprit et cultiver le bonheur, vous trouverez ma vidéo d’initiation à la méditation pour les enfants avec le Pinguin Zen.

Tiana conclut son ouvrage en affirmant qu‘être un zèbre “peut être handicapant, terriblement handicapant… Quand c’est le cas, ce n’est pas au zèbre de tenter d’avaler ses problèmes, de gonfler le torse en se disant qu’il peut simplement tenir. C’est au monde autour de l’aider comme on aiderait n’importe quel autre enfant“.

J’espère que cet article vous aidera à porter un regard plus éclairé sur les enfants précoces et à comprendre comment les accompagner au mieux. Pour aller plus loin, je vous offre un cadeau pour aider vos enfants à apprendre à mieux se connaitre, à être plus en paix et plus serein et à développer leur plein potentiel dans la confiance : Un kit complet de découverte de la méditation pour les enfants avec un livret et des vidéos d’initiation !

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