Conte Bouddhiste Pour Enfants

Le conte bouddhiste est magique. Il transmet avec humour et douceur des enseignements de vie profonds. La philosophie bouddhiste se transmet ainsi depuis des millénaires.

Dans nos sociétés occidentales, alors que l’éducation met l’accent sur des valeurs de performance, de production, et de réussite personnelle, il est essentiel de pouvoir nourrir les jeunes de contes inspirants. Les enfants ont besoin de grandir intérieurement et cela signifie…

  • Contempler le monde pour mieux le comprendre
  • Observer leur être pour mieux se connaitre et se respecter
  • Aller vers l’autre avec bienveillance pour cultiver l’esprit de paix et d’amitié.

Les contes bouddhistes permettent de découvrir cet univers de sagesse par le biais du rire, de la poésie et de l’imaginaire.

Pour compléter cette approche, je vous invite à relire l’article dans lequel je partage avec vous comment éduquer son enfant en s’inspirant des enseignements bouddhistes.

Je vais tout d’abord vous présenter la vidéo du conte avant de vous révéler quelques repères pour aborder les contes bouddhistes avec les enfants. A la fin de l’article, vous aurez une version texte du conte et quelques références bibliographiques si vous cherchez un livre de sagesse pour enfants.

Le conte bouddhiste : Une initiation à la sagesse en douceur

Les contes bouddhistes permettent d’initier les enfants à la sagesse bouddhiste. Simples et drôles, ils sont une manière d’inviter de façon ludique et à tout âge à réfléchir sur comment être, comment agir en étant bon et pur, et progresser sur son chemin personnel. L’ouvrage Cinq cents contes et apologues du Tripitaka chinois rassemble les enseignements du Bouddha, la philosophie bouddhiste et le récit des vies passées du maître sous la forme de contes si longtemps transmis de bouche à oreille. Cet ouvrage a été traduit par Edouard Chavane aux éditions Adrien Maisonneuve.

Petite fille tenant un livre, le regard signifiant une profonde réflexion.

Chaque conte bouddhiste met en lumière la responsabilité de chacun, afin de développer la conscience de nos agissements, qu’il s’agisse de paroles, d’actes ou d’intentions.

Dans le bouddhisme, les événements que nous vivons sont à considérer comme des conséquences de nos agissements. Les pensées ou actes négatifs contribuent à notre malheur tout comme nos pensées ou actes positifs contribuent à notre bonheur.

Ces contes bouddhistes, en présentant de courtes histoires dans lesquelles les personnages sont amenés à agir face à une situation qui se présente à eux, permet de porter un regard lucide sur les événements de la vie.

Le conte du lièvre qui effrayé par le soleil : Un Enseignement bouddhiste sur l’expérience

Le bouddhisme insiste sur la nécessité d’expérimenter les choses par soi-même. Lorsqu’on pratique, l’idée est de ressentir par soi-même les bienfaits de cette pratique, la méditation notamment. L’idée est de ne pas suivre un enseignement qui promet le bonheur mais bien d’expérimenter soi-même si la pratique nous apporte des évolutions positives dans notre être et dans nos vies. Cet enseignement permet de ne pas se laisser influencer par les comportements de masse ou encore des gurus nuisibles. Il faut toujours faire confiance en sa propre capacité à vérifier les fondements de ce que les autres nous disent pour prendre des décisions éclairées.

Lièvre inquiet devant le spectacle du lever de soleil rendant le ciel rougeâtre.

Dans le conte bouddhiste que j’ai choisi de raconter aux enfants, un lièvre qui observe pour la première fois un lever de soleil, interprète le rouge qu’il voit à l’horizon comme un danger. Il pense qu’un feu s’est déclenché dans le ciel et descend sur la terre. A partir de cette interprétation erronée de ce qu’il voit, il va disperser auprès de tous les animaux l’idée selon laquelle la fin du monde est proche et qu’il faut s’enfuir. Il provoque alors une panique générale. Seul le lion aura la sagesse de vérifier les dires du lièvres en se rendant sur le lieu où ce dernier a pu observer le spectacle de cette fin du monde. S’apercevant alors que la peur a amené le lièvre à mal interpréter un simple lever du soleil, il parvient à ramener le calme.

Le récit des vies antérieures du Bouddha

Les Jatakas sont des contes qui retracent les vies antérieures du Bouddha, considérant qu’avant de devenir le Bouddha que nous connaissons, ce dernier a traversé de nombreuses vies. Le futur Bouddha a donc par le passé il prit des formes variées, qu’elles soient animales ou humaines. Les Jatakas qui racontent les récits du futur Bouddha sont riches d’enseignement.

Bouddha en méditation sous un arbre.

Dans le Jataka raconté ici, derrière le sage lion se cache en réalité le futur Bouddha, qui permet de ramener la paix au sein des animaux mais leur enseigne également l’importance de vérifier les dires des autres par soi-même et de ne croire que ce que nous voyons par nos propres yeux. Les enfants peuvent alors réaliser combien nous pouvons être induits en erreur en suivant les paroles des autres.

Lire le conte bouddhiste

Voici le conte raconté en version texte pour ceux qui souhaiteraient le lire eux-mêmes.

“Le lièvre effrayé par le soleil”

Le jour se levait à peine. Tout était calme et silencieux. Les rayons du soleil, encore naissants, recouvraient la forêt d’un jaune pâle aux reflets rose.

Le lièvre Nafi s’était toujours demandé à quoi ressemblait un lever de soleil. Pour le découvrir, il s’était réveillé aux aurores ce matin-là. A peine sorti de son terrier, il s’était installé sous un pommier pour admirer le spectacle du ciel aux premières heures du jour. A l’horizon, la lumière était de plus en plus intense. Le soleil prit une teinte plus orangée. A mesure qu’il émergeait de l’obscurité, il n’était plus qu’une grande boule de feu, étendant sa rouge lueur dans le ciel.

Le lièvre fut effrayé et se demanda que pouvait-il bien se passer au loin pour que le ciel soit ainsi. A cet instant, une pomme mûre se détacha de la branche de l’arbre au pied duquel le lièvre était assis et tomba. En se fracassant sur le sol, la pomme fit un bruit violent.

Le lièvre, sursauta et fut pris de panique. Il se mit à trembler. Il se dit qu’un immense feu était en train de se répandre dans le ciel. Il pensât que la fin du monde arrivait. Ce bruit terrifiant était bien la preuve qu’un drame se produisait sous ses yeux.

Sans perdre un instant, le petit lièvre bondit à travers la forêt et rejoignit les autres lièvres à peine réveillés dans une clairière. Il s’écria : “Au secours ! La terre est en train de se fendre et un feu venant du ciel descend sur la Terre ! C’est la fin du monde ! Il faut s’enfuir !”

Puis il se précipita au loin. Les autres lièvres, paniqués, prirent la fuite et passèrent au galop près de la rivière. Ils prévinrent les canards de la catastrophe qui se mirent à courir et à voler dans tous les sens.

Les sangliers interrogèrent les canards sur la raison de leur fuite. Ceux-ci les informèrent de la fin du monde qui approchait. Bientôt, les éléphants intrigués par l’agitation des sangliers demandèrent à leur tour ce qu’il se passait. “C’est la fin du monde” criaient les sangliers !

Peu à peu, les gazelles, les buffles, les rats, les tigres et les mangoustes entendirent la nouvelle selon laquelle la terre se fendait, qu’un feu allait dévaster la Terre et que la fin du monde était proche.

Tous les animaux couraient, animés d’une peur incontrôlable. Un immense nuage de poussière marquait le passage des animaux en fuite. Paniqués, les animaux s’élançaient dans tous les sens, se bousculant, se piétinant, s’écrasant…

Un lion extrêmement sage, qui s’aperçut de la cohue des animaux, poussa un terrible rugissement, il y mit tant d’énergie que le cri recouvra le tumulte des animaux. Puis, le lion les interrogea et pu remonter jusqu’à l’origine de cette histoire. Il se rendit alors avec le petit lièvre sur le lieu où ce dernier indiquait avoir vu et entendu les signes de la fin du monde…

Après avoir compris qu’il avait simplement été effrayé par le soleil qui se levait et la pomme tombée de l’arbre, le lièvre réalisa qu’il avait été la cause de la fuite inutile de tous les animaux. Il fallait vite les prévenir qu’il n’y avait aucun danger et qu’ils pouvaient tous reprendre une vie normale.

Il monta sur le dos du lion et ils s’élancèrent ensemble pour ramener le calme et la paix.

Cependant, le lion prit soin de leur transmettre un message essentiel : “La prochaine fois Mes Amis, ne croyez que ce que vous avez vu de vos propres yeux. Il faut toujours vérifier par soi-même.”

Voila pour cette petite découverte des contes bouddhistes. Mais au fait, si je ne me trompe pas, c’est bientôt Noël ?! Alors allez vite découvrir le Conte de Noël que je vous ai préparé ! Une histoire captivante de 50 min pour apprendre à écouter sa petite voix intérieure ! 

Je vous recommande également la collection des petits livres de sagesse pour enfants édités par les éditions Seuil. Elle regorge de jolies petites histoires qui permettent d’aborder la philosophie traditionnelle de l’Asie.

Dans la continuité des Contes des sages du Tibet et Contes des sages zen, Pascal Fauliot dans ses Contes des Sages Bouddhistes met en lumière les facettes du joyau de l’Eveil révélé par le Bouddha. Ce petit bijou regroupe Trente-et-un contes de sagesse issus des différentes traditions de l’Inde au Japon en passant par la Chine, la Corée, le Tibet et la Thaïlande. La puissance évocatrice des récits est renforcée par des poèmes, des chants, des citations des maîtres du Dharma. Des paraboles philosophiques, des contes facétieux, des légendes historiques redonnent vie à des personnages caractéristiques de cette culture : moines, ermites, bodhisattvas, mais aussi des maîtres zen iconoclastes, des yogis fous, des guerriers non violents. Le recueil met également à l’honneur le féminin sacré, à travers les figures emblématiques de Machik la yogini, la fille du Roi-Dragon, la poétesse Izumi Shikibu et la déesse Prajna, la Mère de tous les Bouddhas.

Plus que des leçons de vie, ce livre propose un voyage dans les civilisations influencées par le bouddhisme, notamment à travers la poésie, la calligraphie, la cérémonie du thé, les arts martiaux, le théâtre Nô et la peinture. Cette dernière est somptueusement illustrée par l’iconographie du recueil où elle dialogue intimement avec le texte.

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