Enfant très agité : 9 conseils indispensables !

Mon enfant est très agité, bouge tout le temps, fait du bruit, gesticule, ne tient pas en place et ne sait pas s’arrêter. Pendant longtemps nous lui avons répété de se calmer, d’arrêter, de rester assis. En vain.

Mois après mois, années après années, nous avons eu le sentiment que Tristan envahissait tout l’espace du foyer, usait nos forces et nos énergies, et anéantissait la paix tranquille de notre famille. Nous pensions qu’il était hyperactif jusqu’au jour où un diagnostic plus poussé a permis de définitivement supprimer cette option, je n’ai jamais trop compris pourquoi.

Notre garçon n’est donc pas hyperactif mais ses troubles de comportement comportent entre autres des signes d’hyperactivité qui selon les périodes ont été plus ou moins intenses. Les professionnels qui l’accompagnent n’ont pour le moment pas réussi à se mettre d’accord sur les causes de cette agitation incessante. Ce qui est sûr, c’est que Tristan est sous l’emprise d’angoisses envahissantes et utilise le langage corporel pour exprimer une détresse réelle et profonde, même si tout cela est de moins en moins vrai aujourd’hui grâce à l’immense chemin que nous avons ensemble parcouru.

En tant que parents, mais ce fut le cas d’une certaine manière pour les autres membres de notre famille, l’enjeu de ces années fut de résister pour survivre dans un climat de chaos perpétuel. Il fallut supporter les cris permanents de Tristan, ses mouvements compulsifs répétitifs, le désordre de la maison… Je ne compte plus les objets cassés, les milles petites blessures à soigner, les Baby Sisters qui ont disparu après un premier essai. Il était évident que Tristan ne pouvait pas faire autrement, qu’il était lui-même victime de ce corps qui, comme sous l’effet du venin d’une Tarentule, semblait danser compulsivement pour échapper à la mort.

J’avais autant de compassion pour lui que je n’avais de rage à étouffer. Car Tristan malgré lui nous attirait dans un gouffre sans fond. J’ai conscience que mes mots sont durs. Et si vous avez lu mon à propos, vous savez que j’aime les enfants d’un amour inconditionnel, au point d’avoir tout laissé derrière moi pour me consacrer pleinement à leur bonheur. Et Tristan comme tous les enfants, voire davantage même en raison de ses troubles, possède un degré de pureté, de sensibilité de d’intelligence profonde qui me fascine et m’inspire.

Nous avons tout testé, adoptant des tons allant de la bienveillance à l’agacement, en passant parfois par la colère et l’exaspération. Nous avons expérimenté des méthodes, certaines dont nous étions convaincues, d’autres auxquelles nous faisions juste semblant de croire. Mais toutes nos tentatives se fracassaient telles des vagues sur un rocher. Tristan sautait sur le canapé, tournait en rond à, se balançait sur les chaises, grimpait aux grillages, roulait sur les lits, se cognait aux portes vitrées, rampait sur le sol. Il semblait ne pas être conscient du danger et pourtant il ne s’est jamais blessé gravement. Je sentais bien que sa conscience était là, enfouie certes, mais présente et en attente d’une aide véritable.

Alors je n’ai pas cessé de chercher le moyen d’en sortir. Et accumulant recherches, lectures et expériences de terrain, j’ai découvert une astuce qui fonctionnait, qui m’a amené à en découvrir une autre puis à en tester encore une autre qui en découlait…Et peu à peu, en agissant comme un scientifique qui expérimente, analyse, classe, évalue, j’ai construit mon propre guide de survie. Je ne dis pas que Tristan n’est plus agité, qu’il a acquis le calme intérieur d’un Little Bouddha et qu’il déambule pendant des heures en pleine conscience chaque jour dans le jardin. D’autant que nous n’avons pas de jardin. Et que Tristan semble parfois ignorer qu’il est possible de marcher tranquillement. Il court, saute, trotte et se dandine, mais ne marche pas. Tristan reste cet enfant un peu spécial, qui a sa propre façon de se mouvoir, qui parle avec son corps des émotions qui l’habitent et qui quitte régulièrement sa classe pour faire une promenade de première nécessité avec sa bienveillante AVS (Auxiliaire de Vie Scolaire).

Mais Tristan apprend pas à pas à vaincre ses démons. Avec une sérénité de plus en plus affirmée, il sait à présent qu’il peut agir sur lui-même pour sortir d’une agitation qui enferme et isole, et choisir la vie. Et en tant que maman je peux l’accompagner, je me sens utile et aidante. Si vous m’avez lu jusque là c’est sans doute que vous êtes vous aussi confronté(e) au désarroi que provoque un enfant qui ne tient pas en place. Et peut-être que vous ne savez pas comment l’arrêter, comment le calmer. Peut-être que vous ressentez aussi l’impression de ne plus maîtriser le comportement de cet enfant et que toute votre vie s’en trouve altérée.

Alors je préfère vous prévenir, cet article est très long. Parce que la souffrance que nous avons traversé et la joie d’en parler au passé nécessitait que je prenne le temps de vous détailler tous les conseils que j’aurais rêvé de trouver à l’époque où je me sentais tellement seule et impuissante.

Prenez chaque conseil un par un et appliquez-le. Ne faites pas de tri car ces réflexes à adopter constituent un ensemble cohérent. Ces bonnes pratiques n’auront réellement d’effet que si vous les appliquez complètement. Car chacune constitue le maillon d’une longue chaîne qui vous guidera vers une autre façon de gérer un enfant très agité. Et surtout ne me croyez pas. Testez mes conseils et faites-en votre propre expérience. Et j’espère de tout cœur que vous reviendrez dans les commentaires me dire que pour vous aussi les choses ont bien changé…

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Enfant très agité, conseil 1 : Observer l’enfant, les situations, l’environnement

Le premier réflexe à avoir face à un enfant qui s’agite, c’est de l’observer. Par ses mouvements incessants et non coordonnés il réagit à quelque chose, reste à savoir qu’est-ce qui l’anime autant. Ainsi, en observant les situations, nous pouvons progressivement apprendre à repérer ce qui provoque la bougeotte chez l’enfant pour pouvoir ensuite mettre en place des solutions.

En bougeant tout le temps et de façon incontrôlée, l’enfant exprime un mal aise, une situation qui le met en difficulté et il se protège par le mouvement. Il peut aussi chercher inconsciemment à provoquer la réaction de ceux qui l’entourent, pour attirer leur attention et peut-être obtenir de l’aide.

Il existe des milliers de causes à ce comportement mais quelques exemples permettront de mieux comprendre le processus :

Mon enfant réagit-il à une stimulation sensorielle trop agressive ?

Certains enfants peuvent avoir des sensibilités sensorielles très développées et être perturbés par une stimulation trop intense. Un stimuli sensoriel peut les déranger et même devenir insupportable, car ressenti comme une véritable agression. L’agitation motrice sera alors une façon de se couper de l’environnement pour échapper aux stimuli sensoriels.

Il est indispensable de rechercher si l’enfant a une sensibilité particulière :

  • au bruit
  • à la lumière
  • au contact de certaines matières
  • aux odeurs et parfums

Comme l’enfant sera seul à ressentir cette stimulation comme gênante voire douloureuse, il peut en effet ne pas parvenir à réellement nommer ce qui est à l’origine de son agitation.

Vous pouvez l’aider en observant l’environnement dans lequel vous vous trouvez lorsque votre enfant devient une véritable puce sauteuse. Vous allez peut-être vous apercevoir qu’il existe une corrélation entre un stimuli sensoriel fort et l’attitude de votre enfant qui se met à bouger dans tous les sens. Ainsi,vous allez pouvoir essayer d’agir sur l’environnement plutôt que sur l’enfant lui-même.

Concernant un enfant hypersensible ou avec un trouble du spectre autistique, une aide matérielle adaptée peut s’avérer nécessaire :

  • casque anti-bruit
  • lunettes teintées

Mon petit garçon très sensible au bruit ne parvenait pas à rester calme en classe. Notamment dans les temps de transition où le bruit en classe était très intense, il se mettait à s’agiter, courir, sauter, et son attitude devenait ingérable pour la maîtresse. J’avais observé les mêmes débordements lorsque nous recevions des amis et que tout le monde parlait fort et riait. Tristan se mettait compulsivement à tourner autour de la table sans pouvoir s’arrêter. Nous avons donc acheté un casque anti-bruit et Tristan a pu le mettre dans les moments où le bruit l’importunait. A l’école, cela l’a beaucoup aidé.

Mon enfant bouge-t-il pour se protéger d’une émotion trop intense ?

Un enfant très sensible (voire hypersensible) est la proie de vives émotions qui l’assaillent au quotidien. Ne sachant pas comment accueillir de puissantes émotions, il va se sentircomplètement débordé et s’agiter en tous sens. C’est d’autant plus compliqué qu’il n’a pas la maturité émotionnelle pour gérer des émotions si intenses. Il se met alors à gigoter, trépigner, courir partout, exprimant physiquement le sentiment intérieur d’être dépassé. Il a l’impression d’imploser. Mon fils me répétait souvent qu’il se sentait comme un volcan en irruption. Et en effet, en le regardant, il ressemblait bien à ce volcan dont la lave jaillit et dévaste tout sur son passage !

Il est possible d’observer l’enfant dans les moments où il semble ne plus avoir la maîtrise de son corps, et où il est comme dominé par des démons qui l’animent. En observant attentivement, nous pouvons identifier si l’enfant est en train de vivre une émotion plus intense que d’habitude, une émotion qu’il étouffe et qui va s’exprimer autrement :

  • un sentiment de colère qui se manifeste par de l’agitation motrice plutôt qu’en criant ou en boudant
  • une joie débordante qui se transforme en excitation et va finalement éclater en mille petits mouvements compulsifs
  • la tristesse et la honte devant les rejets des autres, qui vont rendre l’enfant paradoxalement plus turbulent encore
  • la peur de l’échec qui fait que dans une situation d’apprentissage par exemple, l’enfant va se mettre à gesticuler sur sa chaise, tripoter ses doigts, tordre son tronc, se lever…

Si l’observation permet de confirmer le lien entre les émotions vécues et le degré d’agitation physique et motrice, cela signifie que l’enfant a besoin de travailler sur ses émotions pour mieux les identifier, apprendre à les exprimer par des mots et être accompagné pour mieux les vivre au quotidien. En lui montrant différentes techniques pour mieux gérer ses émotions, l’enfant pourra alors progressivement puiser en lui-même la force de se distancer des situations vécues pour garder la maîtrise de lui-même.

Mon enfant s’agite-t-il pour lutter contre un état d’inconfort ?

L’enfant peut aussi parfois exprimer des besoins fondamentaux à travers le mouvement :

  • la fatigue (ne dit-on pas “il tient avec ses nerfs ?)
  • une activité cérébrale trop intense.

Un enfant précoce par exemple, dont le cerveau fonctionne à vive allure, en produisant des pensées qui tissent une arborescence sans fin, en saturant son énergie émotionnelle de questionnements multiples, peut à un moment donné bouger dans tous les sens comme pour mettre fin à toutes ces pensées.

  • L’ennui

L’enfant qui ne supporte ni l’ennui ni la solitude va s’agiter pour remplir l’espace. En lui apprenant à jouer seul, nous pouvons l’aider à gérer sereinement les temps libres.

Mon enfant remue-t-il pour capter mon attention et que je m’occupe de lui ?

L’enfant qui bouge en permanence pour susciter l’attention de ses parents est une cause très classique d’agitation. Ainsi, si vous constatez que votre enfant se met à se comporter dans le salon comme sur un terrain de jeu dès que vous êtes occupé(e) ou préoccupé(e) par autre chose, vous pouvez alors vous interroger sur votre disponibilité auprès de votre enfant.

Peut-être n’a-t-il pas suffisamment de temps partagés avec vous, d’échanges authentiques ?

Vous êtes à table ensemble, vous l’aidez pour les devoirs, l’accompagnez pour la douche du soir, le cartable à préparer, la chambre à ranger… Mais parvenez-vous à conserver un moment privilégié où l’enfant peut réellement échanger sur ce qu’il a vécu dans sa journée par exemple ? En observant les moments où il s’agite, vous pourrez peut-être vous rendre compte qu’il vous demande de passer un peu de temps avec lui, tout simplement.

Evidemment ces exemples peuvent être cités à l’infini tant nombreuses sont les raisons qui peuvent amener un enfant à sans cesse se maintenir en mouvement, même au prix d’un épuisement ou d’une mise en danger. C’est en parvenant à nous extraire de la réaction émotionnelle d’agacement que nous pouvons essayer d’observer sans jugement pour mieux analyser ce qui est à la racine de ce comportement a priori irrationnel. Nous pouvons alors décoder le message que l’enfant tente d’envoyer, même maladroitement.

Enfant très agité, conseil 2 : prévoir un temps de défoulement avant le retour au calme

Le défoulement pour décharger l’énergie débordante

Mon petit garçon est particulièrement énervé lorsqu’il sort de l’école. Il s’est contenu toute la journée pour rester assis sur sa chaise et se concentrer. J’essaie le plus souvent possible de lui proposer une activité en plein air qui lui permettra de bouger en toute liberté, de crier s’il en a besoin et de sortir tout ce qui est resté contenu.

Les jeux idéaux pour se défouler sont nombreux et simples à proposer !

  • Un petit tour de vélo
  • un peu de skate dans un parc adapté
  • une ballade en trottinette
  • un jeu de ballon
  • un chat perché ou encore cache-cache dans les arbres
  • une demi-heure de trampoline

Lors de l’observation, aviez-vous observé que votre enfant manifestait le besoin de partager des moments de complicité avec vous ? Profitez-en pour laisser de côté les soucis et vous offrir un moment de franche rigolade et de défoulement partagé en famille !

Exprimer oralement le besoin de défoulement

Une petite phrase bien orientée peut aider l’enfant à identifier lui-même son besoin de se défouler, :

  • oh je vois que tu as besoin de te défouler un peu
  • comme tu sors tout juste de l’école, je sais que c’est un moment où tu as généralement besoin de bouger et de te dépenser
  • j’ai une idée pour t’aider à vider toute l’énergie que tu as contenue pendant cette journée d’école
  • Que dirais-tu d’un petit jeu pour rigoler un peu et se défouler ? ça ferait du bien n’est-ce pas ?
  • Après une grande journée de travail où j’ai dû beaucoup me concentrer, j’aurais bien besoin d’un bon bol d’air, et toi ?

Cela permet à l’enfant de comprendre qu’on puisse avoir parfois besoin de bouger, de sauter, de courir, et qu’à d’autres moments il est plus propice de s’adonner à des activités plus calmes. Il peut alors ressentir qu’il peut être compris dans son besoin de bouger et de se défouler et que ce besoin est tout à fait normal. Il peut alors déculpabiliser et consacrer ses efforts à la recherche d’un équilibre entre activités énergiques et activités calmes plutôt que de rejeter un besoin d’agitation qui de toute façon se manifestera, même dans un cadre non propice et de façon inadaptée.

Enfant très agité, conseil 3 : Respecter le besoin de mouvement mais en instaurant un cadre

L’idée est d’aider l’enfant à canaliser de façon positive son besoin de mouvement. Nous allons lui offrir la possibilité de s’agiter mais pour réaliser une action qui sera utile et le valorisera. En invitant l’enfant à réaliser des actions qui demandent d’abord beaucoup de mouvements et de gestes physiques puis de plus en plus calmes jusqu’à des actions statiques à faire assis, nous l’accompagnons à concentrer son énergie sur des gestes de plus en plus précis et structurés.

Proposer à l’enfant un cadre structuré pour s’activer et bouger

Le premier réflexe que nous avons tous avec nos enfants qui n’arrêtent pas de gigoter c’est de leur demander d’arrêter. Pourtant nous avons tous constaté que plus nous leur demandons d’arrêter et plus ils bougent ! Ce n’est pas pour nous embêter, c’est juste que nos enfants ne peuvent pas s’arrêter. Se calmer nous semble si simple que nous sommes sidérés de constater que cela puisse s’avérer irréalisable. Pourtant, faites l’expérience lorsque vous êtes très énervé ou très excité et tentez de vous asseoir, de vous taire et de ne pas bouger. Vous vous rendrez vite compte que ce n’est pas toujours si simple qu’il n’y paraît. Se contraindre à “rester calme” lorsque nos émotions nous poussent à agir à l’opposé peut vite devenir une torture.

L’idée ici est donc de respecter le besoin de bouger de l’enfant mais en lui proposant un cadre dans lequel son mouvement pourra s’intégrer de façon plus structurée. Cela évitera que l’enfant ne s’épuise par des gestes inadaptées, ne se blesse par des acrobaties mal exécutées ou encore ne dérange les autres en imposant un climat de chaos dans la maison.

Par ailleurs, l’enfant va pouvoir apprendre à utiliser son énergie pour réaliser des actions positives qui plutôt que de provoquer l’énervement des autres. Il  pourra sortir du cercle vicieux agitation-énervement-image négative de soi en apportant quelque chose de positif. L’enfant va avoir l’occasion de valoriser son énergie débordante et d’apprendre à l’exploiter pour en faire une force non seulement pour lui-même mais peut-être aussi au service des autres.

L’inviter à conduire des actions adaptées à son besoin de mouvement

Je vous conseille de ne pas démarrer par des activités trop statiques du type éplucher les légumes, cela risque d’être un peu compliqué… Commencez par lui confier des missions très physiques et au fur et à mesure que l’enfant parvient à canaliser son énergie, vous pouvez lui demander d’accomplir des tâches qui demandent de moins en moins de mouvements.

Introduisez par une note d’humour, avec un ton positif, pour donner envie à votre enfant de coopérer : “oh mais tu me sembles plein d’énergie ! C’est merveilleux car j’ai des missions à te confier justement et elles devraient te plaire !” ou bien “oh, mais j’ai un petit bonhomme qui a très envie de bouger ce soir, que dirais-tu alors de réaliser une mission pour moi ?”

  • Une activité encadrée à l’extérieur

L’idéal est de commencer par des activités à faire à l’extérieur, un bon bol d’air l’aidera à retrouver un peu de calme. Vous pouvez lui demander de :

    1. balayer les feuilles mortes devant l’entrée
    2. aller chercher le courrier
    3. jouer un peu avec le chien dehors qui n’est pas sorti de la journée
    4. emmener le petit frère ou la petite sœur faire un petit tour dans le jardin.
    5. arroser la terrasse…
  • Une activité contenante pour anticiper les situations compliquées

Si vous avez repéré des situations où votre enfant est particulièrement agité, anticipez en lui confiant une responsabilité en amont de la dite situation. Le repas par exemple est souvent un moment délicat pour les enfants qui bougent beaucoup. Alors pourquoi ne pas lui proposer d’être le maître de service pendant tout le repas ? Si vous recevez des amis et que cela a tendance à exciter votre enfant, proposez-lui de s’occuper de la décoration d’une jolie table de réception en l’invitant à aller trouver quelques éléments dehors qu’il pourra mettre en décoration sur la table : un joli caillou, deux ou trois fleurs à mettre dans un vase ou encore un fruit coloré. Vous pouvez aussi acheter quelques décorations de table qu’il aura plaisir à installer pendant que vous préparez le repas.

Je ne résiste pas à l’envie de vous montrer la petite décoration de table d’automne que Tristan a préparé récemment pour un repas de fête en famille :

Au centre aéré, les animateurs utilisaient beaucoup cette astuce avec Tristan qui était souvent missionné pour préparer les activités pour tous les enfants et il adorait cela !

  • Une activité sensorielle pour apaiser l’enfant

Les responsabilités qui font appel au sensoriel ont l’avantage d’aider l’enfant à se calmer alors je les utilise souvent en priorité. Parfois je remplis une bassine d’eau et je demande à mon petit garçon de rincer les fruits et les légumes. Je mets de l’eau un peu tiède et le seul contact de ses mains dans cette eau chaude le calme instantanément.

  • Une activité valorisante pour se sentir utile

Une autre idée est de lui proposer de préparer une surprise pour quelqu’un de la famille. Il aura la joie d’obtenir des remerciements et cela le valorisera. Le matin par exemple, si l’enfant fait beaucoup de bruit et s’agite alors que le papa dort encore, proposez-lui de préparer un plateau de petit déjeuner qu’il pourra apporter à son papa dès son réveil. Faites-le presser une orange, préparer une petite coupelle de fruits secs, choisir un petit élément décoratif, bref laissez aller votre imagination pour que les responsabilités confiées soient amusantes et lui donnent envie d’y mettre toute son attention… Il oubliera vite son activité favorite de bouger partout et de tout mettre sens dessus dessous !

Si vous constatez que l’enfant s’agite en particulier lorsque vous êtes occupé, pourquoi alors ne pas lui proposer de venir vous aider ?

J’ai constaté en tout cas avec Tristan qu’il était troublant de voir à quel point le fait de pouvoir se rendre utile l’apaisait immédiatement. C’est comme s’il avait l’occasion de prendre sa place véritablement et qu’il n’avait donc plus besoin de gesticuler. Il était enfin là, à sa place, dans cette maison, et il pouvait en être fier.

Aider l’enfant agité à rester assis en conservant une possibilité de mouvement

  • Quand bouger aide l’enfant à se concentrer…

Les enfants avec trouble de l’attention et hyperactivité (TDAH) :

Une étude américaine publiée par le professeur D. Rapport de l’Université de Central Florida révèle que les enfants souffrant de TDAH (trouble de l’attention et hyperactivité) ont besoin de bouger pour parvenir à mieux se concentrer. L’injonction d’arrêter de bouger peut donc avoir des effets négatifs sur les résultats de ces enfants en terme d’apprentissage. En effet, le mouvement leur permet de rester vigilant et les contraindre à cesser rester immobile leur demanderai un effort qui focaliserait toute leur énergie et leur attention. Ces enfants ont d’autant plus besoin de bouger lorsqu’ils font appel à leur mémoire de travail, une mémoire à court terme utilisée dans le cadre des apprentissages.

Les enfants à Haut Potentiel Intellectuel (HPI) :

Les sens d’un enfant précoce sont très développés et l’amènent à capter tous les éléments de son environnement sans filtre ni auto-censure. Il pense à vitesse accélérée, les pensées s’enchaînent et se bousculent. Ainsi à l’école, et c’est plus particulièrement le cas chez les garçons précoces, ces enfants peuvent être distraits par des milliers de choses qui attirent leur attention : les bruits, le paysage qu’on aperçoit par la fenêtre, ce que fait le voisin de table ou encore la tenue vestimentaire de l’enseignant. Par ailleurs, son mode de pensée en arborescence fait qu’une pensée en fait naître d’autres, qui elles-mêmes en génèrent d’autres encore et ainsi de suite. L’enfant précoce a tendance à s’éparpiller et il aura parfois du mal à se concentrer, ce qui amène parfois à penser qu’il est un enfant hyperactif (il est cependant tout à fait possible qu’un enfant soit à la fois précoce et hyperactif).

Or, autoriser un enfant à haut potentiel à faire deux choses en même temps peut souvent l’aider à se concentrer et à se sentir plus en adéquation avec son mode de pensée et sa capacité de gérer simultanément plusieurs informations. Ainsi, un mouvement contenu mais autorisé peut l’aider à multiplier les sujets d’attention et finalement lui permettre d’être plus efficace. 

  • Du matériel pour rester assis tout en bougeant

Si l’enfant doit rester assis parce que vous êtes à table ou qu’il fait travaille, cela peut dans certains cas l’aider de maintenir une partie de son corps en mouvement.

Voici quelques exemples :

Le coussin d’équilibre :

L’enfant pose ses fesses sur un coussin d’équilibre afin d’optimiser son assise mais aussi de pouvoir ressentir la matière du coussin sur lequel il pourra bouger. Cela aide à la concentration et permet de maintenir la position assise même pour les enfants qui ne tiennent pas en place ! C’est une éducatrice spécialisée qui m’a recommandée cette astuce que je trouve excellente.

Le ballon de gymnastique

Une psychologue m’avait conseillé d’asseoir mon enfant sur un gros ballon sur lequel il puisse faire de petits mouvements en bougeant les fesses et les hanches tout en restant assis. Ces ballons sièges sont très ergonomiques et ont l’avantage, tout comme le coussin d’équilibre d’avoir une assise optimale pour le dos.

Les élastiques sous les pieds

Une autre astuce qui provient du Canada et commence à se répandre en France est d’installer des élastiques au niveau des pieds de la chaise pour permettre aux enfants de balancer doucement les pieds et d’agiter les jambes de façon contrôlée et silencieuse. Ces élastiques produits par Bouncy Bands peuvent s’acheter, ils peuvent aussi se fabriquer avec des chambres à air usagées ou des frites de piscines.

  • Permettre à l’enfant de faire deux activités à la fois

En méditante convaincue qui a appris qu’on ne peut bien faire qu’une seule chose à la fois (connaissez-vous cette formule d’un grand sage qui disait “quand je mange, je mange et quand je dors, je dors ?), j’ai toujours encouragé mon enfant à ne pas s’éparpiller. Mais j’ai changé d’avis au fil du temps. J’ai réalisé qu’en l’autorisant à faire deux choses à la fois, il était beaucoup plus calme et semblait trouver un apaisement certain, même si les raisons demeurent un mystère pour moi.

Voici quelques exemples qui ont fonctionné pour nous :

  • Faire de la pâte à modeler en répétant ses poésies
  • Faire un casse-tête type Smart Games en mangeant (miracle : il reste assis !)
  • Jouer en écoutant de la musique ou une histoire audio
  • écouter la maîtresse pendant qu’il fait son puzzle (oui je sais sa maîtresse est un ange…)
  • jouer aux échecs sur la tablette pendant qu’il m’accompagne aux courses
  • feuilleter un livre de reptiles effrayants pendant les trajets de voiture

Enfant très agité, conseil 4 : Créer un environnement calme et apaisant

Plutôt que de s’acharner à demander à l’enfant de se calmer, il peut être intéressant de déplacer son attention sur l’environnement et d’agir sur ce dernier :

Baisser les lumières

Éteignez les lumières inutiles et tamisez celles qui sont nécessaires. Allumez quelques bougies pour donner une atmosphère feutrée et intime. Je conseillerais même de les lui faire allumer lui-même, c’est un geste très apaisant ! Si vous avez des ampoules colorées (dans les tons rose ou pêche), allumez plutôt celles-ci qui apporteront une lumière plus douce.

Mettre une musique douce d’ambiance

Mettre une musique douce et relaxante aidera l’enfant à ralentir, à s’apaiser et l’incitera à faire moins de bruit. Je mets généralement des musiques sur youtube en laissant l’écran posé sur un buffet car les images qui les accompagne sont souvent elles-mêmes très relaxantes et l’enfant en passant devant s’y attardera quelques minutes… Une petite relaxation l’air de rien !

Baisser le son de la voix

Si vous haussez le ton pour demander à l’enfant de se calmer, quel effet cela aura-t-il à votre avis ? Un enfant qui n’arrive pas à se calmer, se sent débordé, a besoin d’être aidé à comprendre comment ramener le calme à l’intérieur. En parlant doucement et en invitant tout le monde à en faire de même, nous créons un environnement qui amènera l’enfant tout naturellement à réduire son agitation motrice et le volume sonore qui l’accompagne. Et pour faire moins de bruit, le premier réflexe est de ralentir car plus les mouvements sont lents et moins leur son est intense.

Se calmer soi-même !

Prenez le temps d’observer vos propres attitudes. Peut-être êtes-vous en train de téléphoner, en claironnant de votre voix aiguë, en riant ostensiblement ? Ou alors êtes-vous en train de bouger dans tous les sens pour débarrasser tout ce qui traîne dans la maison, tout en préparant le repas, en surveillant les devoirs du grand, en donnant le bain au petit et en envoyant vite fait par mail un document important pour le travail… Stop ! Commencez par arrêter de bouger dans tous les sens, vous verrez, l’effet sur votre enfant sera magique… et sur vous-même également !

Enfant très agité, conseil 5 : Instaurer un dialogue constructif

Parler avec l’enfant de son agitation

Il s’agit ici de sortir des réprimandes pour initier un dialogue constructif avec l’enfant concernant son comportement très agité. Cette conversation ne peut se mettre en place que dans les moments où l’enfant est calme (et vous aussi). Ce dialogue vise à lui permettre de parler de ce qu’il ressent lorsqu’il est agité, d’essayer de comprendre avec lui comment naît le processus, l’aider à trouver des solutions pour améliorer son comportement afin que le climat autour de lui soit plus serein.

Voici quelques questions ouvertes qui lui permettront de s’exprimer librement

Lui apprendre à verbaliser ses émotions et ses besoins

Un enfant qui s’agite essaie souvent de fuir une émotion désagréable. En l’aidant à identifier et exprimer verbalement son émotion, nous pouvons l’aider à réduire les réactions physiques compulsives. Ainsi, il faut l’encourager dans toutes les situations à exprimer ce qu’il ressent, à mieux comprendre pourquoi il s’agite et à utiliser les mots plutôt que les gestes ou les mouvements.

  • Encourager l’enfant à trouver les mots pour dire ce qu’il ressent

Lorsqu’il commence à s’agiter, nous pouvons réagir avant que la situation ne devienne plus gérable en lui signifiant que nous constatons qu’il commence à s’agiter et en lui demandant si par hasard il aurait besoin de quelque chose et en lui proposant des options :

– Est-ce que tu penses que tu es un peu fatigué ? Souhaites-tu aller te mettre au calme avec un livre le temps que je termine de préparer le repas ?

– Je te sens un peu perdu tout à coup, c’est vrai que je n’ai pas été très disponible ce soir. Un petit câlin pourrait-il t’aider à t’apaiser un peu ?

– Je vois que ton corps en a assez de rester sans bouger et qu’il ne tient plus en place ? Et si tu allais te défouler un peu dehors avec ton ballon, qu’en dis-tu ?…

  • Utiliser un émotiomètre, un thermomètre de l’humeur ou une carte de météo intérieure

Ces outils visuels permettent de représenter visiblement les différents états intérieurs grâce à des pictogrammes qui aideront l’enfant à identifier ses humeurs et ses émotions. C’est très utile pour les enfants qui parlent difficilement ce qu’ils ressentent.

Ainsi par exemple, un nuage signifiera qu’il ne se sent pas très bien, l’orage indiquant qu’il est très en colère ou très triste. Vous trouverez très facilement des outils sur internet à imprimer ou des tutos pour les fabriquer avec votre enfant.

j’aime bien par exemple la Fleur des émotions que vous pouvez télécharger sur le site Papa Positive.

  • Travailler sur les émotions

Faire régulièrement une petite activité pour mieux comprendre et gérer ses émotions est indispensable pour développer progressivement l’intelligence émotionnelle afin de mieux gérer ses émotions.

Enfant très agité, conseil 6 : Valoriser l’enfant pour lui redonner confiance et assurance

Etre plein de vie et d’énergie est une grande qualité !

Un enfant qui entend du matin au soir ses parents, sa maîtresse, son professeur de dessin ou de musique, sa tante et son grand père lui dire d’arrêter de bouger et de se calmer peut avoir le sentiment qu’il n’est pas aimé. Suscitant sans cesse l’irritation de ceux qui l’entourent, il finit par intérioriser l’idée que ce qu’il est, c’est à dire un petit être plein de vie et d’énergie, est en soi négatif et que son être n’est pas digne d’amour.

Le cercle vicieux qui s’alimente est donc doublement dangereux :

  • Risque de stigmatisation dont l’enfant risque de souffrir, soumis à des reproches, des punitions et des humiliations permanentes et destructrices.
  • Risque d’appropriation d’une image négative de soi avec perte de confiance en soi et sentiment d’être nul (car incapacité à se calmer, incapacité à être “comme les autres”, incapacité à être provoqué un regard admiratif ou juste bienveillant…).

Je n’aime pas l’idée qu’on puisse transmettre implicitement le message selon lequel un enfant qui a de la valeur est celui qui est toujours calme, silencieux, discret. Avoir beaucoup d’énergie, avoir envie de dévorer la vie, de multiplier les expériences, de jouer avec son corps et avec l’espace peuvent en soi s’avérer être de grandes qualités ! Finalement, ce qui est problématique chez ces enfants c’est le fait qu’ils puissent s’épuiser et déranger les autres.

Mais un enfant qui parvient à apprendre à canaliser cette énergie, à l’exploiter dans le sens de ses aspirations, détiendra les clefs de son destin !

– Valoriser un enfant pour ce qu’il est

Il est bien sûr essentiel de pouvoir valoriser l’enfant lorsqu’il parvient à instaurer le calme en lui-même en le lui faisant remarquer : “je vois que tu as trouvé une occupation qui t’a permis de mieux concentrer ton énergie et de trouver le calme en toi, tu peux être fier de toi ! Tu as montré que tu es capable d’agir sur tes propres états et comportements, bravo !”.

Mais je pense qu’il faut aussi trouver le moyen de valoriser l’enfant dans ce qu’il est au plus profond de lui, dans cette énergie de vie qui l’anime au quotidien. Car cette personnalité qui est la sienne lui offre des possibilités de réalisations extraordinaires. Lorsqu’il découvrira la nature de son potentiel, il pourra alors y mettre cette force d’action unique qu’il est seul capable de produire.

La Terre a besoin de gens qui ont de l’énergie à offrir, des idées, des envies et des rêves.

Enfant très agité, conseil 7 : Des petits jeux pour calmer l’esprit et le corps

Il existe plein de petits jeux qui peuvent aider l’enfant qui ne tient pas en place à se rassembler. Ces jeux peuvent être fait dès que les premiers signes d’impatience sont observés chez l’enfant ou une fois que nous lui avons permis de se défouler et qu’un retour au calme peut être envisagé. Sinon, ces petits jeux peuvent être initiés lorsque l’enfant semble disposé et calme, un peu comme une petite prévention pour éviter que la machine ne s’emballe tout d’un coup ! Car lorsque l’enfant part dans tous les sens, il risque de n’être plus du tout disposé à se calmer et il faudra alors attendre la prochaine accalmie.

Voici donc quelques jeux qui aideront l’enfant à cultiver le calme :

Voyage sur l’île de détente

Proposez à l’enfant de venir s’allonger dans un endroit calme et peu éclairé. Vous l’invitez à fermer les yeux puis à partir sur l’île de détente. Il va imaginer un paysage qui représente pour lui la paix, le calme, la détente et le repos. Proposez-lui de prendre le temps d’observer ce paysage, les couleurs, les arbres ou les fleurs qui s’y trouvent, les animaux qu’il y croise, les bruits tranquilles qu’il perçoit, les odeurs qu’il peut y rencontrer… Aidez-le par vos suggestions à imaginer cet endroit avec le plus de précisions et de détails possibles. A la fin, il peut simplement lui être rappelé qu’il peut, quand il en a besoin, fermer les yeux et partir quelques instants sur son île de détente.

Dessin de mandala

Dessiner un mandala est une activité méditative qui est également beaucoup utilisée en art thérapie. Sa symétrie parfaite a un effet apaisant. Colorier un mandala aide à se calmer mais aussi à lâcher prise. Ainsi, l’enfant peut ressentir qu’il peut cesser de s’agripper à tout et laisser un peu aller le cours de l’existence… Pour ramener l’esprit, il faut colorier le mandala en partant de l’extérieur et en progressant peu à peu vers l’intérieur. L’inverse risque d’avoir l’effet contraire !

Sur le site https://www.mandalas-gratuits.net/ , vous trouverez de nombreux mandalas à télécharger et imprimer gratuitement. La recherche peut se faire par thématique ou bien par niveaux de difficultés.

Petite danse relaxante

Les petits jeux qui invitent l’enfant à alterner des temps mouvementés avec des temps calmes sont très efficaces pour l’accompagner dans un retour au calme. Vous pouvez par exemple mettre de la musique et l’inviter à danser et se déplacer librement dans l’espace. Puis lorsque la musique s’arrête il se met debout, reste immobile, les pieds joints et les bras le long du corps. Vous pouvez alors l’inviter à ressentir ce que la danse à modifier dans son corps. Ressent-il de la chaleur dans son corps ? des picotements ? une douce énergie qui circule dans tous ses membres ? Après quelques instants, vous remettez la musique et il peut à nouveau bouger et danser. Vous cessez à nouveau la musique, il se remet debout immobile et essaie de ressentir tout son corps. Il peut essayer d’écouter le silence qui s’installe, l’air dans l’espace, le coeur qui bat un peu plus vite que tout à l’heure…. Et après un moment vous remettez la musique…

Vous pouvez ainsi alterner plusieurs fois en essayant d’allonger de plus en plus le temps calme. Pour la dernière session du jeu, le temps calme peut se faire allonger les yeux fermés et vous restez un peu plus longtemps en l’invitant à parcourir tout son corps pour ressentir chaque partie du corps depuis les pieds jusqu’à la tête.

Jeu d’imitation

Dans le même esprit que pour la danse relaxante, vous pouvez utiliser deux animaux, l’un qui représentera le mouvement, l’énergie, l’action, l’autre qui représentera le calme, le repos, la douceur. L’enfant devra imiter ces deux animaux en passant de l’un à l’autre lorsque vous tapez des mains. L’animal qui représente l’action sera imité sur des plages plus longues au début et peu à peu c’est l’animal calme qui sera imité plus longtemps… Vous pouvez par exemple proposer à l’enfant d’imiter une panthère en chasse qui court et s’apprête à bondir sur sa proie et un petit paresseux qui monte lentement en haut d’un arbre, se suspend et doucement s’agrippe autour de la branche pour entamer une sieste merveilleuse… Pendant que l’enfant imite, racontez ce que l’animal fait pour l’aider à contraster le plus possible ses mouvements : dynamiques et rapides pour la panthère avec des rugissements et une mâchoire qui montre les crocs / des gestes très lents et silencieux pour le paresseux qui avance doucement afin de ne pas être repéré par un prédateur (la panthère justement !).

Enfant très agité, conseil 7 : une relaxation créative pour se détendre

 

Voyage dans les nuages

Voici une petite relaxation créative que j’ai créée pour aider l’enfant à s’apaiser :

L’enfant s’allonge confortablement et il est invité à fermer les yeux. Il imagine un bel arc en ciel qui déploie ses magnifiques couleurs. Une échelle tout le long de l’arc en ciel conduit jusqu’aux nuages. L’enfant va gravir chaque échelon pour atteindre le ciel. Arrivé tout en haut, l’enfant imagine qu’il saute de nuage en nuage et qu’à chaque saut le nuage sur lequel ses pieds posent se colore d’une couleur du choix de l’enfant, dessinant un chemin coloré derrière lui. Il s’arrête un instant sur un gros nuage tout blanc et tout doux pour observer d’en haut le paysage de montagnes. Un pélican arrive au loin. L’enfant lui fait un signe de la main pour qu’il s’approche et se pose sur le nuage, tout près de lui. Il grimpe sur son dos. Tous deux partent ensemble à travers le ciel bleu. Les paysages sont magnifiques (montagnes, lacs, rivières, collines de verdures, vallées verdoyantes…).

L’enfant guide le pélican par la pensée. Il lui indique quel chemin il souhaite prendre en y pensant très fort. L’enfant amène donc le pélican à prendre à droite et à descendre le long de la vallée dans laquelle une rivière coule paisiblement. Puis il remonte dans le ciel et passe juste au-dessus du pic de la montagne enneigée !…

Puis l’enfant guide le pélican à revenir se poser sur le nuage blanc et doux sur lequel il se trouvait tout à l’heure. Il dit au revoir au pélican puis s’allonge un moment sur le nuage blanc. Le nuage change alors de couleur. L’enfant choisit la couleur du nuage : une couleur douce et apaisante pour lui. Allongé, il ressent la douceur du nuage tout le long de ses jambes et de son dos. Il laisse son corps reposer sur ce nuage et ressent comme une sensation de flottement. Puis, après un moment, il se redresse puis parcourt le chemin de nuages colorés en sautillant lentement. Il redescend de l’arc en ciel par l’autre côté, c’est un toboggan ! Hop, il arrive sur les fesses ! Il peut alors s’étirer doucement et enfin rouvrir les yeux.

Créer d’autres relaxations créatives

Vous pouvez ainsi imaginer à l’infini des relaxations créatives pour l’enfant comme celle-ci. Invitez-le toujours à participer à la création de l’histoire en faisant appel à son imagination. Dites-lui de choisir le paysage, les couleurs, les animaux qu’il rencontre,… Cela permet à l’enfant de se rendre compte qu’il a la capacité de créer un univers apaisant et relaxant dès qu’il en a envie.

Pour inventer cette relaxation, je me suis inspirée du travail merveilleux de Nathalie Perreti qui invente de merveilleuses relaxations inventives, poétiques et ludiques réunies dans son livre Relaxations Créatives pour les Enfants ; tout le texte des séances est détaillé, vous n’avez qu’à lire. Pas d’illustration, le livre est on ne peut plus sobre, mais c’est un diamant à l’état brut, et pour un prix ridicule ! Alors achetez ce livre les yeux fermés, vous partagerez des moments de complicité uniques avec votre enfant !

Enfant très agité, conseil 8 : Apprendre à calmer son esprit durablement

Développer la présence, dans l’ici et le maintenant

La sophrologie et la méditation peuvent réellement aider durablement l’enfant qui ne tient pas en place. Il apprendra progressivement à mieux connaître son corps et son esprit et donc à mieux les contrôler. Ce n’est pas un apprentissage qui se fait en une seule séance bien entendu. Mais en l’encourageant à pratiquer régulièrement, vous l’aidez à œuvrer dans le sens d’une transformation durable et vous lui permettez de révéler son potentiel.

Il va apprendre à utiliser les qualités qui sont les siennes (être énergique, dynamique, plein de vie, de curiosité et d’entrain, ne pas avoir peur d’expérimenter des choses avec son corps, être résistant à la fatigue, être sensible et émotif …) car il va découvrir qu’il peut agir sur son propre esprit et avec ses propres ressources intérieures pour faire de ce qui au départ est vécu comme un obstacle (voire un trouble de l’enfance ou même un handicap pour certains) un véritable atout pour libérer son plein potentiel et réussir à accomplir ses rêves.

L’agitation est liée à une difficulté à être présent, c’est comme si l’enfant débordait dans l’espace et dans le temps et qu’il ne parvenait plus à être là, dans l’instant, présent physiquement et mentalement.

Je recommande donc particulièrement de proposer à l’enfant toute sorte de séances ou d’exercices pour aider l’enfant à revenir dans l’ici et le maintenant, dans son corps et dans sa respiration, pour développer une réelle présence.

Exercice de sophrologie pour prendre conscience de son corps

Vous pouvez dire à votre enfant que vous avez passé une journée fatigante et que vous aimeriez passer un moment agréable avec lui pour se détendre et que vous lui proposez un petit jeu.

Prenez chacun une balle en mousse, installez vous confortablement en position assise, fermez les yeux et commencez à respirer calmement. Avec la balle vous allez masser chaque partie de votre corps et prendre le temps de ressentir toutes les sensations qui apparaissent :

“Je passe avec la balle le front, les yeux, le nez… Je m’intéresse à la forme de mon visage. Puis je vais explorer ma nuque, mon cou, mes épaules et ressentir le contact de la balle sur ma peau. J’essaie de sentir la forme de mes épaules. Je vais faire glisser la balle le long de mon bras puis venir la déposer dans ma main. Je prends conscience de la forme de ma main. Je vais ensuite glisser le long de l’autre bras et venir explorer mon autre main. Je laisse la balle rouler doucement sur ma poitrine puis sur mon ventre. Je dessine des cercles dans le sens des aiguilles d’une montre. Je laisse mon ventre se libérer de toutes les tensions. Je suis à l’écoute de mon corps, je sens la forme de chaque partie de mon corps et je ressens lorsque la balle roule sur moi les sensations de mon corps, les phénomènes de vie qui se produisent. Je poursuis mon parcours avec la balle en la laissant glisser le long de la jambe… “

Une fois que la balle est passée sur tout le corps et que l’enfant a pu prendre conscience de la forme de chaque partie et des sensations qu’il ressentait, vous posez la balle et vous lui proposez de s’allonger :

“ Je prends conscience de toute la forme de mon corps. Je me sens bien, détendu, libéré de toutes les tensions. Je me relaxe tranquillement. Je me sens bien, en moi, chez moi, dans ma maison qu’est mon corps. Je me sens complètement présent dans mon corps, dans une profonde relaxation. Mon esprit et mon corps se reposent. Maintenant je vais pouvoir revenir au monde extérieur, apaisé et détendu. Je m’étire. Je respire profondément puis j’ouvre les yeux.”

Séance de méditation pour explorer son esprit

La méditation permet de se distancer par rapport à tout ce qui constitue son être et permet donc d’en identifier les phénomènes.

Se concentrer un moment sur son esprit, comment les pensées se forment et comment l’attention se déplace ou s’éparpille permet aussi de prendre conscience du pouvoir que chacun a de revenir à soi, de se libérer de ses pensées et de tout ce qui nous agite, pour ramener l’attention sur le moment présent.

Dans la séance que je vous propose, je vous guide entièrement, pas à pas. Vous pouvez voir suivre cette séance de méditation guidée en audio en écoutant le podcast ou si vous préférez en vidéo.

Enfant très agité, conseil 9 : S’observer soi-même pour mieux comprendre l’agitation de son enfant

Je terminerai cette liste des réflexes à adopter par une mention qui concerne non pas l’enfant mais le parent. Car en effet les parents sont de plus en plus stressés et débordés, voire dépressifs parfois. Ils enchaînent des journées de travail stressantes, doivent faire face à des tas de responsabilités parfois écrasantes, et ils gèrent des tas de soucis au quotidien. De plus en plus de couples se séparent et le parent se retrouve seul à gérer les enfants mais aussi toutes les tâches d’un foyer familial.

Les parents, tout en étant de plus en plus soucieux du bien-être de leurs enfants, sont dans les faits de moins en moins présents. Ils tentent de compenser cette absence par des jeux qui plairont aux enfants ainsi que toutes sortes d’activités extra-scolaires qui les réjouiront. Seulement rien ne peut à mon sens combler le vide laissé par le parent non disponible. L’enfant peut se sentir en insécurité et va alors tenter par tous les moyens d’attirer l’attention de ses parents : sauter sur le canapé, crier, réveiller tout le monde à l’aube, dire des gros mots, faire le pitre…

L’enfant utilise ce qu’il a à sa disposition, c’est à dire son corps, pour exprimer le ressenti du chaos que lui inspire nos modes de vie modernes. Il appelle chacun de nous à revenir au moment présent, à être davantage présent à ses enfants, à être capable de s’émerveiller de chaque petit bonheur du quotidien, d’apporter de la joie, de l’humour et de la fantaisie dans nos échanges.

Les enfants très agités crient à l’unisson “Maman, papa, soyez là, soyez avec moi, souriez et profitez de ces instants !”. Ils nous invitent à porter un autre regard sur nous-mêmes, sur notre façon d’être parent et plus globalement sur notre façon d’être dans la vie.

Nous ne devons jamais oublier qu’être un enfant très agité ce n’est pas une situation confortable. L’enfant souffre de s’épuiser en permanence, de ne pas pouvoir s’arrêter, de devoir en permanence occuper l’espace et monopoliser l’attention. En attendant, il ne vit pas sa propre vie. Nous devons donc faire l’effort mental de sortir de la réaction émotionnelle que peut générer son comportement pour lire le message qui est écrit derrière. Etre parent en pleine conscience c’est porter ce regard là, ce regard présent et attentif, vrai et sincère.

Voila, vous avez terminé la lecture de cet article contenant mes conseils indispensables pour vivre avec un enfant très agité. Maintenant à vous la parole, racontez vos expériences et poursuivez la liste ! Avez-vous un 10ième conseil ? Je suis impatiente de vous lire !

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