Je gère les émotions de mon enfant !

Pas facile de gérer les émotions de son enfant… surtout lorsqu’il se roule par terre de colère en plein magasin, se met à sauter partout et à crier de joie ou d’excitation lorsqu’il faut être discret, ou encore se laisse envahir par la peur et les angoisses au point de vous laisser désemparé(e)… Les cas sont multiples où en tant que parent, nous nous sentons dépassés par les réactions émotionnelles de notre enfant. Il est difficile de savoir comment réagir et comment soi-même gérer ses propres émotions déclenchées par ces situations qui nous donnent le sentiment de ne plus rien maîtriser.

Alors comment réagir face aux tempêtes émotionnelles de son enfant ?

Comprendre les émotions de nos enfants

Les émotions, des alliés pour notre survie ?

Les émotions sont naturelles et même nécessaires. Depuis la Préhistoire, elles nous permettent de survivre. Le dégoût nous éloigne des produits non comestibles ou toxiques. La peur nous incite à nous protéger du danger. La colère donne l’énergie nécessaire au combat lorsque nous sommes confrontés à une injustice, une inégalité, ou toute forme de malveillance manifeste. Les risques qui nous menacent sont bien différents de ceux de la Préhistoire. Plus besoin de se protéger du tigre à dents de sabre ni de chasser le mammouth. Pourtant, les émotions nous aident encore à survivre, et d’une certaine manière à mieux vivre.

La joie de vous amènent-elles pas à vous ouvrir aux autres ? Cette belle émotion nous invite à aller à la rencontre de l’autre, à le découvrir, à lier des liens d’amitié et peut-être un lien d’amour… De la même façon, la tristesse est une alerte qui anime notre corps pour nous faire ressentir qu’une situation nous est insupportable et que nous avons besoin de parler, de chercher des solutions pour créer un nouvel environnement.

Le problème n’est donc pas dans le fait d’avoir des émotions. Elles nous sont bénéfiques depuis la nuit des temps.

Le problème c’est ce que nous faisons de ces émotions. Si nous les laissons envahir tout notre esprit au point de ne faire qu’un avec elles, les émotions prennent le pouvoir sur nous et décident alors de notre bonheur comme de notre malheur.

Les débordements émotionnels des enfants

Les enfants qui vivent des émotions intenses ne cherchent pas à nous nuire, ni à nous rendre la vie impossible. Face à une situation déstabilisante, leurs vives réactions se présentent comme un système d’alerte et de défense. L’enfant réagit à une frustration, à une incompréhension, à un sentiment d’injustice ou à une angoisse.

Tout comme chez l’adulte, l’émotion permet à l’enfant de prendre conscience qu’un de ses besoins vitaux n’est pas satisfait et tout son être va “réagir” pour modifier la situation dans la recherche d’une satisfaction de ce besoin. C’est physiologique, naturel et incontrôlable.

Les crises de colère et de larmes ne sont pas un caprice; c’est un appel de détresse de l’enfant qui exprime un besoin.

Les déclencheurs

Qu’est-ce qui déclenche les émotions de nos enfants ? C’est lorsqu’un besoin vital est insatisfait que la crise émotionnelle peut se déclencher.

Il existe 8 détonateurs émotionnels : le besoin de sécurité, le besoin de stimulation, le besoin d’affection, le besoin d’estime, le besoin de sens, le besoin de cohérence et enfin le besoin de reconnaissance. N’oublions pas, en dehors de ces détonateurs, que la fatigue est bien sûr un important déclencheur de crise mais aussi le désir de satisfaire les attentes inconscientes de ses parents et les injonctions que nous leur exprimons consciemment ou non : “sois fort”, “sois parfait”, “fais des efforts”, “dépêche-toi”… L’enfant s’efforce au maximum à répondre à nos exigences mais cela peut parfois s’avérer lourd à porter et une crise de nerf va révéler que l’enfant “craque”.

Comprendre nos émotions en tant que parents

Bien sûr il est très pénible d’essuyer la crise émotionnelle de notre enfant, lorsqu’on est une maman ou un papa. Les hurlements sont oppressants et, au moment de rentrer d’une longue journée de travail, il est difficile de supporter l’ambiance imposée par les réactions de nos enfants, dont nous avons du mal à comprendre les excès.

Et lorsque la crise a lieu en public, se rajoute pour nous le parent la nécessité d’affronter le regard et le jugement des autres et en retour la honte que nous pouvons ressentir.

Il est important de faire le point sur ses propres ressentis pour aider au mieux notre enfant. Le parent peut alors s’interroger sur ce qui est le plus désagréable pour lui : “Est-ce que les émotions de mon enfant menacent mon espace personnel ? Est-ce que cela réveille les besoins que j’ai moi-même refoulé pendant mon enfance ? Je ne supporte pas de voir mon enfant souffrir et mon empathie me dévore ? Je me sens une mauvaise mère / un mauvais père quand je vois que mon enfant se met dans un état pareil ?”

Faire le point sur ses propres ressentis peut nous aider à garder notre calme car il est essentiel en cas de crise de notre enfant ne pas perdre le contrôle et de l’accompagner. Nous sommes les adultes et nous nous devons de garder notre sang froid pour aider l’enfant à construire une autre façon de vivre et d’exprimer ses émotions.

Accueillir les émotions de son enfant

Si mon enfant refoule ses émotions…

En tant que parent, nous ne pouvons pas rester indifférent aux émotions de notre enfant. En cherchant à les nier, à les minimiser ou à les réprimer, on risque de laisser l’enfant tout seul avec ses émotions, avec le stress et la charge traumatique que cela peut engendrer. Un enfant n’est pas capable de gérer tout seul ses émotions s’il n’a pas été accompagné pour apprendre à les apaiser, à les comprendre et à les dompter.

La conséquence risque d’être le refoulement. L’émotion refoulée va donc s’exprimer autrement et trouver d’autres moyens pour se faire entendre.

Une colère par exemple peut provoquer en réaction des signes d’agressivité et si l’enfant n’est pas aidé peut à terme se transformer en violence. La peur, qui déclenche une réaction de fuite, peut, si on l’ignore, se transformer en un sentiment durable d’insécurité ou d’angoisse.

Ainsi, il est indispensable d’accueillir l’émotion de son enfant, son développement en dépend !

Exprimer ses émotions

Pour apprendre à gérer ses émotions, l’enfant doit d’abord être en mesure de les reconnaître et de les identifier. Il est primordial de parler d’émotion avec son enfant. Il n’en deviendra pas plus émotif ni plus vulnérable. Car il deviendra peu à peu capable de reconnaître lorsque ces émotions l’envahissent et de comprendre l’enchaînement des événements qui a conduit à cet état.

Il faut rappeler ici que l’enfant n’a pas les moyens de gérer lui-même ses émotions; contrairement à l’adulte, il n’a pas la médiation de la pensée pour relativiser, prendre du recul, se maîtriser.

Encourager l’enfant le plus souvent possible à dire ce qu’il ressent lui permet de développer son intelligence émotionnelle et de devenir peu à peu conscient et responsable face à ses émotions : “Je suis triste parce que mon ami ne me parle plus”/ “Je suis jaloux parce que tu passes plus de temps avec mon petit frère” / “Je me sens apaisé lorsque tu laisses la porte un peu ouverte quand je m’endors”/ “J’ai peur de mal faire et cela me paralyse”… Autant de situations que l’enfant apprend à déchiffrer.

Un enfant peut aussi recourir à des formes plus abstraites pour évoquer ses ressentis. Il peut par exemple dessiner l’impression que lui fait ressentir une situation. Ou bien en faire une petite chanson. Ou encore choisir trois mots qui expriment le mieux ce qu’il vit à l’intérieur… L’imaginaire peut aider l’enfant à libérer sa parole car ce n’est pas facile au début de parler de ce qu’il y a dans son cœur. Il y a malheureusement peu de situations où l’enfant est invité à se tourner vers lui-même, à prendre le temps d’être à son écoute et à partager avec un interlocuteur les émotions qu’il ressent.

Etre à l’écoute ne signifie pas tout accepter !

Evidemment, il n’est pas question de tout laisser passer et d’accepter que l’enfant ait un comportement intolérable. Il est d’ailleurs essentiel de signifier à l’enfant que son comportement n’est pas acceptable. L’enfant a le droit d’avoir des émotions et de les exprimer mais en revanche il n’a pas le droit d’adopter un comportement irrespectueux.

Mais fixer la limite de ce qui est acceptable ou non n’a pas de sens que si l’émotion est par ailleurs entendue et comprise. Il faut toujours avoir en tête que l’émotion cherche à s’exprimer et que l’écoute permet donc de l’apaiser. Il n’est donc pas utile de chercher à résoudre à tout prix le problème qui se présente mais simplement d’écouter l’enfant. Ainsi l’émotion sera libérée, entendue et apaisée. Ne lui achetez pas ce magazine pour lequel il a fait une crise mais dites-lui que vous avez compris qu’il tenait beaucoup à ce magazine et que cela l’a touché de ne pas pouvoir l’avoir tout de suite. Et que d’ailleurs tous les êtres humains ont du mal à accepter de ne pas avoir ce qu’ils désirent immédiatement. Alors vous le comprenez.

Pour accompagner l’enfant au mieux, il s’agit donc ici d’inviter l’expression de l’émotion, en utilisant l’échange verbal mais aussi en invitant avec son regard, sa gestuelle ou encore son intention, avec bienveillance. Cette attitude seule rend la construction de repères possibles et offrira à l’enfant la possibilité de développer des repères personnels plutôt que d’entretenir sa propension à désobéir en imposant des règles autoritaires et contraignantes.

Apprendre à relativiser

Aider l’enfant à positiver les situations

Cette prise de recul qui consiste à observer ce que nous vivons et à le décrire avec nos mots, nos images, nos interprétations est une étape essentielle pour parvenir ensuite à se distancer de ses émotions et être capable de faire la part des choses.

Un enfant qui pique une crise de colère, devient rouge, se met à hurler, est totalement sous l’emprise de ses émotions. En développant son intelligence émotionnelle, nous l’aidons à voir les choses de façon plus objective. Cela implique de faire la part entre la situation telle qu’elle est et l’interprétation que nous en faisons. Il s’agit de mettre en lumière la part de négativité que nous y mettons et qui nous donne une vision erronée de la situation, en réalité à l’origine de la crise émotionnelle.

La discussion avec l’enfant peut être orientée de telle sorte qu’il soit guidé vers une meilleure compréhension de ce qu’il vit. L’idée est de mettre de côté l’interprétation négative qu’il en fait pour lui montrer qu’il peut y avoir d’autres interprétations beaucoup plus positives à la situation !

Prenons un exemple. Marguerite, l’amie de Pomme, passe plus de temps avec une autre copine et Pomme se sent délaissée. Elle va exprimer qu’elle est triste car elle a perdue sa meilleure amie. Les faits réels sont seulement qu’en ce moment Marguerite ressent le besoin de passer plus de temps avec une autre camarade. Cela ne signifie pas forcément que Marguerite ne souhaite plus être l’amie de Pomme. Peut-être que l’autre camarade partage une passion commune pour une activité que Pomme, elle, n’apprécie pas. Peut-être aussi que Marguerite a simplement envie de voir d’autres personnes et qu’elle n’en appréciera que mieux les plus rares moments passées ensemble. Cela peut d’ailleurs être une formidable occasion pour Pomme de s’ouvrir à de nouvelles amitiés ou de commencer une nouvelle activité. Pomme peut aussi imaginer qu’avec Marguerite elles font pouvoir consister un super groupe d’amies avec leurs nouvelles rencontres !

Encourager l’enfant à “agir dans le bon sens”

Apprendre à gérer ses émotions, et plus globalement son esprit, c’est être en mesure d’analyser une situation avec objectivité pour prendre une décision adaptée. Les études scientifiques prouvent la tendance de l’être humain à maintenir un choix d’orientation, même lorsque la situation ne se révèle pas du tout propice à la réalisation du projet. lorsque nous nous sommes investis pour atteindre un objectif, nous n’acceptons pas de renoncer. Nous pouvons ainsi nous “acharner” à suivre un projet devenu irréaliste. Ce comportement se nomme en termes scientifiques “l’erreur du coût irrécupérable”. Parce que j’ai investi mon énergie, mes efforts, mes pensées pour la concrétisation d’une relation amoureuse avec cette personne, je ne renonce pas alors que tout m’indique que ce projet est voué à l’échec (la personne en question ne s’intéresse pas du tout à moi et n’est visiblement pas émue de mes charmes !). Et plus je m’investi et plus je vais avoir du mal à renoncer !

Nous arrivons ici à la question du “lâcher prise”. Il est possible d’aider l’enfant face à une situation qu’il ne peut pas changer d’envisager d’autres options qui lui seront favorables. Nous l’aidons ainsi à apprendre à s’adapter aux événements pour éviter d’accumuler les échecs. On ne peut pas éviter les vagues de la mer en revanche on peut apprendre à surfer sur les vagues ! L’enfant peut progressivement prendre conscience de l’infini des possibilités qui s’offrent à lui dans chaque situation. Alors plutôt que de se mettre en boules et de hurler, pourquoi ne pas l’aider à trouver en lui-même comment améliorer sa situation ?

Accompagner l’enfant dans la gestion de ses émotions

Des outils pour mieux vivre ses émotions

Cette transformation ne se fait pas en un jour. Il existe de nombreuses techniques qui permettent à l’enfant d’effectuer cette transformation intérieure qui lui permettra de mieux vivre et de mieux réagir aux épreuves de la vie. La relaxation permet de recentrer son esprit, la sophrologie peut aider à avoir une vision plus positive des situations, la méditation permet de développer une vision claire et de calmer les tempêtes émotionnelles. Toutes ces techniques constituent un entraînement de l’esprit. Car le bonheur n’est pas une chose qui nous arrive un beau matin, c’est un état qui se développe à condition de s’entraîner !

Un programme pour apprendre à gérer ses émotions

Votre enfant a entre 5 et 10 ans ?  Que pensez-vous d’un programme ludique qui l’aide à :

– explorer, comprendre et exprimer ses émotions

– mieux appréhender ses peurs, ses colères, ses angoisses

– apprendre à contrôler ses réactions impulsives

– développer une attitude calme, maîtrisée, et positive

– découvrir comment faire face aux situations difficiles en puisant en lui des solutions

– Développer confiance en lui-même

– Libérer son potentiel intérieur

– Se sentir mieux jour après jour

Le Programme “1,2,3… Émotions !”

J’ai créé un programme d’accompagnement en ligne pour découvrir, apprivoiser, dompter ses émotions !

Chaque semaine, l’enfant reçoit par mail une petite séance autour des émotions. Chaque séance contient :

  • une courte vidéo d’un des personnages de l’aventure pour mieux comprendre le monde des émotions.
  • Puis plusieurs fiches jeux-activités pour s’amuser autour des concepts.
  • Enfin, un audio pour écouter une histoire inspirante ou expérimenter une nouvelle séance de relaxation- méditation. Le programme se déroule sur 9 séances pour grandir dans son cœur et dans son esprit !

Cliquez ici pour

Découvrir le Programme “1,2,3 Émotions” !

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