méthode d'éducation bienveillante

Vous avez appliqué scrupuleusement les règles éducatives qui ont fait leurs preuves. Vous avez défini les principes et les valeurs sur lesquels vous vouliez construire votre relation avec vos enfants. Mais  au moment de passer à la pratique, rien ne fonctionne vraiment avec vos enfants. Cet article est pour vous !

Dans votre tête, milles pensées négatives, du genre :

  • Je suis décidément une mauvaise mère / un mauvais père. Ce n’est pas étonnant, je suis vraiment nul pour tout. Décidément, à chaque fois que j’essaie de m’améliorer, c’est encore pire !
  • Cette méthode est mauvaise, c’est de l’arnaque pour vendre des bouquins, des formations et autres produits. Les gens exploitent la détresse des parents, prêts à tout pour leurs enfants, c’est une honte !
  • C’est parce que je suis trop à l’écoute de mes enfants, j’ai voulu faire mieux que les autres et finalement la seule vraie méthode est celle que nos parents appliquaient : une bonne punition et au lit sans discuter !

Si vous avez déjà vécu ce scénario, cet article est pour vous ! Voici les dix raisons pour lesquelles aucune méthode ni aucun principe en éducation ne fonctionne véritablement :

1/ En appliquant une méthode éducative, je porte plus d’attention à la méthode qu’à l’enfant lui-même

La mission d’éduquer son enfant est une des missions les plus difficiles auxquelles nous sommes confrontés dans nos vies. Et parce que nos échecs déroutent et amènent parfois à se haïr soi-même, nous nous précipitons sur des méthodes et des principes qui promettent de faire de la parentalité un long fleuve tranquille.

Si certaines méthodes sont inspirantes et méritent bien sûr de s’y intéresser, celles notamment qui prônent une parentalité bienveillante et positive, le danger est inéluctable de se perdre dans la théorie et d’en oublier le véritable chemin que nous avons à parcourir.

Le fait d’être parent est en lui-même un enseignement et peut nous amener à nous élever. Pour cela, nous devons simplement nous laisser guider par l’expérience d’être parent, avec une approche d’observation de la relation, en recherchant une vue clairvoyante plus qu’une analyse critique.

Les méthodes doivent donc être approchées avec une certaine distance, en se gardant de se l’approprier définitivement, mais en ne cessant jamais d’expérimenter les concepts avec un regard neuf et ouvert.

En tout état de cause, nous devons toujours nous souvenir que l’enfant est plus important que la méthode. Le parent doit aller vers l’enfant pour l’observer en tant qu’individu à part entière, avec son caractère, ses particularités, mais aussi ses différences.

2/En éduquant mon enfant, je poursuis en réalité un idéal qui me conditionne

Lorsque nous sommes en relation avec notre enfant, nous plaçons entre nous des barrières que sont nos principes, nos idéaux et nos méthodes. Nous ne sommes jamais réellement dans un rapport direct mais dans un rapport déformé par les schémas qui nous habitent.

Nous leur transmettons notamment notre vision selon laquelle l’objectif premier de l’éducation est d’obtenir une position professionnelle, sociale, économique ou même intellectuelle. Nous sommes alors obsédés par l’idée que notre enfant doit apprendre à savoir et à faire des choses, et devenir un expert technique.

Dans notre approche, nous ne sommes donc pas libres mais totalement conditionnés par les schémas que nous avons nous-même intégrés au fil de nos apprentissages d’enfant.

Ainsi, nous nous focalisons bien souvent sur ce qu’on voudrait que notre enfant devienne. Même si l’idée est porteuse d’une bonne intention, à savoir « je souhaite que mon enfant soit heureux », nous nous faisons une idée très précise du but à atteindre, « je souhaite son bonheur tel que JE le conçois-ou plutôt tel qu’on m’a appris à le concevoir ». L’objectif est donc largement influencé par les schémas sociétaux au sein desquels nous évoluons.

Il en ressort que nous nous préoccupons davantage de qui devrait être plutôt que de ce qui est. La discipline est donc simplement une façon d’imposer par la contrainte un système qui devient plus important que les êtres humains qui y sont enfermés. Qu’il s’agisse de récompenses ou de discipline, le parent contraint l’enfant, et donc son esprit, à entrer dans un système, jusqu’à ce qu’il soit conditionné et donc définitivement enfermé dans ce système.

Une approche réellement bienveillante impliquerait pourtant de cesser de s’efforcer d’atteindre quelque chose. Cela impliquerait de faire preuve  de courage en renonçant à tout objectif, y compris celui de rendre notre enfant heureux. Si nous parvenions à faire cet effort, nous pourrions réellement aider notre enfant à se comprendre plutôt que de chercher à le transformer.

3/ J’évince la véritable nécessité de m’observer en tant que parent

Il ressort des deux premiers principes l’idée selon laquelle le parent a un devoir envers son enfant : procéder à sa propre introspection afin de comprendre les schémas qui l’animent en tant que parent.

Il est illusoire de s’imaginer qu’en tant qu’éducateurs nous pouvons faire l’impasse d’une profonde remise en question afin de se libérer des conditionnements qui emprisonnent notre relation avec nos enfants.

Il faut apprendre à se regarder en tant que parent, sans jugement et dans une totale bienveillance, mais avec une mise à distance dont l’objectif est d’identifier ce qui relève de notre aliénation mentale. La démarche vise à lever le voile sur les peurs qui nous animent, les conditionnements qui nous emprisonnent et les certitudes erronées qui nous influencent.

Cette expérience est incontournable, aussi désagréable qu’elle puisse être (même si évidemment libératrice en fin de compte).

Nous devons identifier ce qui nous exhorte à faire entrer notre enfant dans la structure sociale à tout prix, et quelle forme de sécurité psychologique nous poursuivons en agissant de cette façon.

C’est la seule manière de se libérer de nos conditionnements et de pouvoir alors accompagner nos enfants dans la compréhension d’eux-mêmes et de leur rapport au monde.

4/ Je cherche à enseigner à mon enfant ce que j’ignore

Nous voulons tous que nos enfants soient heureux, en harmonie avec eux-mêmes et avec les autres, qu’ils trouvent leur propre équilibre et qu’ils soient libres. Aucun parent ne souhaite le malheur pour ses enfants.

Le problème est que pour atteindre le bonheur, l’enfant devra réaliser un accomplissement intérieur que nous n’avons pas été capable de réaliser pour nous-même.

Totalement ignorant des moyens à mettre en œuvre pour s’accomplir  soi-même, comment puis-je espérer guider mon enfant ? Comment imaginer l’aider à s’observer, à comprendre ce qui l’anime, à comprendre en profondeur ses relations avec ses semblables, alors que j’ai appris depuis toujours à me fermer l’accès à cette expérience ?

En approfondissant davantage cette réflexion, nous en venons à l’évidence selon laquelle apprendre à nos enfants à devenir des experts techniques est également une impossibilité. En effet, la maîtrise des savoirs et des savoirs faire ne s’acquière pas en cultivant un esprit de compétition et de quête obsessionnelle de succès. Car c’est le meilleur moyen d’éloigner l’enfant d’une approche apaisée, sans crainte de l’échec, et qui seule permet de déployer ses talents.

Par ailleurs, la technique est une sorte de prolongement de sa propre réalisation, c’est comme la partie visible d’un réel accomplissement intérieur. Cette technique ne peut s’acquérir qu’au travers de l’expérience, dénuée des notions de réussites ou d’échecs, c’est-à-dire  l’expérience pleine et entière, dans une compréhension globale de soi et du monde.

C’est justement l’impulsion créatrice, libre de tout conditionnement mental, qui élabore sa propre technique et permet d’atteindre une forme d’excellence qui n’est autre que l’expression de son soi véritable.

5/ Je confonds éducation et participation à l’éveil

Si c’est par l’expérience que nous nous révélons à nous-même, alors l’enseignement est dans son fondement même une chimère. En effet, le bon éducateur devrait renoncer à enseigner quoi que ce soit à l’enfant, lutter par tous les moyens contre sa propension à dominer l’enfant, et abandonner tout désir d’adapter l’enfant.

L’enfant doit être son propre guide à travers l’expérience pour que ses apprentissages soient réellement intégrés et compris. Notre rôle de parent est davantage de participer à son éveil, par une écoute attentive et par une observation bienveillante plutôt qu’une ingérence dans le cheminement intellectuel voire spirituel que l’enfant réalise pour trouver son être profond.

On ne peut réellement apprendre d’aucune technique, d’aucune méthode, ni d’aucune autorité. L’enseignement doit se faire en soi-même, en se regardant marcher, manger, parler, dormir, agir avec les autres, se connecter avec la nature, être finalement conscient de tout cela en soi-même.

Ainsi, mon rôle de parent n’est-il pas finalement de permettre à l’enfant de devenir son propre guide ?

En conclusion, les méthodes éducatives n’ont d’intérêt qu’en tant qu’élément d’observation et de réflexion mais ne doit en aucun cas devenir un principe rigide dans lequel nous enfermons l’individu. Selon Jiddu Krishnamurti, «Vous devez questionner tout ce que l’être humain a accepté comme valable, comme nécessaire».

Il est important de considérer d’abord le parent et l’enfant comme deux individus, c’est-à-dire deux personnes uniques. Ensuite, ces deux individus pourront être observés dans leur relation d’inter-dépendance, en établissant une vue distancée de ce rapport parent-enfant dont la complexité trop souvent nous échappe, ce que le philosophe pré-cité résume de la façon suivante :

« La compréhension de soi survient seulement dans la relation, en s’observant dans le rapport avec les gens, les idées et les choses, avec les arbres, la terre, et le monde autour de vous et en vous. La relation est le miroir dans lequel le soi est révélé. Sans connaissance de soi, il n’y aucune base pour la pensée et l’action juste. »

Pour ceux qui souhaitent approfondir ces réflexions, je vous invite à lire le philosophe Jiddu Krishnamurti.

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