Comment éduquer dans la sagesse ? Quels sont les principes fondamentaux sur lesquels bâtir une éducation en pleine conscience ? Comment les appliquer ? Je vous explique tout cela dans cette suite de mon résumé du livre “A chaque jour ses prodiges : être parent en pleine conscience”.

Je vous retrouve pour mon deuxième article sur le thème de la parentalité de pleine conscience. Dans leur ouvrage de référence sur ce sujet,  Myla et Jon Kabat-Zinn expliquent les trois valeurs fondamentales inspirées de la philosophie bouddhiste pour éduquer dans la sagesse : la souveraineté, l’empathie, et l’acceptation. Si vous n’avez pas encore lu le premier article de cette série, je vous recommande de le lire avant de découvrir celui-ci car il vous permettra de comprendre ce que signifie être parent en pleine conscience avant de rentrer dans les principes fondamentaux.

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Valeur 1 : Honorer la souveraineté de ses enfants

Selon les auteurs du livre “Etre parent en pleine conscience”, honorer la souveraineté de ses enfants leur permet non seulement de se libérer des apparences en se montrant tels qu’ils sont réellement mais également de trouver leur propre voie.

La notion de souveraineté ne doit pas être confondue avec la notion d’enfant roi, qui fait référence à des parents qui acceptent tout et laissent faire à leurs enfants ce qu’ils veulent sans fixer de limite. La souveraineté est liée au concept bouddhiste selon lequel il réside en chacun de nous une Nature de Bouddha, sorte d’état de paix et de joie intérieurs complets où l’être est totalement éveillé à lui-même et à sa nature profonde.

Respecter la souveraineté de son enfant revient à l’accueillir tel qu’il est, en tant qu’être unique, dans sa véritable nature fondamentale. Ainsi, le rôle du parent n’est pas de changer l’enfant pour le rendre conforme à ses attentes où aux conformités sociales mais plutôt de reconnaître les propres aspects de sa personne, son identité et son génie.

Accorder la souveraineté à ses enfants revient tout simplement à les écouter, à essayer de les comprendre et enfin à apprécier leurs point de vue, leurs compétences et leurs forces.

Valeur 2 : Faire preuve d’empathie avec ses enfants

L’empathie est un sentiment que nous ressentons naturellement lorsque notre enfant souffre. En revanche, il est beaucoup plus difficile de faire preuve d’empathie lorsque notre enfant est en crise, qu’il désobéit avec insolence, hurle ou adopte une attitude frontale. Le travail de pleine conscience vise à cultiver notre faculté à être empathique quelque soit la situation, même lorsque nous avons l’impression que les besoins de notre enfant entrent en conflit avec les nôtres.

Dans “L’intelligence émotionnelle” Daniel Goleman présente les études qui ont été menées sur la réaction de l’enfant face à la réponse apportée par ses parents : “Lorsqu’un parent ne manifeste pas la moindre empathie envers telle ou telle manifestation d’émotion chez l’enfant-joie, chagrin, besoin de câlins-, celui-ci commence à éviter d’exprimer cette émotion et finit même par ne plus la ressentir. C’est ainsi que des plages entières du répertoire affectif intime (de l’enfant) risquent de se trouver oblitérées, surtout si, au cours de l’enfance, l’expression de ces sentiments continue d’être implicitement ou explicitement découragée”.

En cultivant l’interconnexion entre nos réactions et les ressentis de l’enfant, nous construisons les bases les plus fondamentales de la vie affective du futur adulte. En apprenant qu’il peut exprimer ses émotions, faire connaitre à l’autre ses besoins, qu’il peut faire confiance à l’autre pour répondre à ses demandes lorsqu’il parvient à les communiquer, l’enfant prend le chemin de l’ouverture, de l’expression, de la sincérité et comprend que nous sommes interdépendants et que les être humains sont interdépendants, en connexion permanente.

Tout cela semble bien évident. Pourtant, combien de parents laissent leur bébé pleurer alors qu’ils ne pourraient pas ignorer les cris ou les larmes d’un ami ou même d’un inconnu. Il est parfois consternant de voir à quel point nous nous construisons des barrières pour nous protéger face à nos propres enfants, sans doute parce qu’ils éveillent en nous l’enfant que nous étions et auquel l’adulte n’a pas répondu de façon satisfaisante face à notre détresse. Nos distances proviennent aussi de notre peur d’être littéralement envahi par les besoins de notre enfant car être réactif à chaque instant demande une énergie considérable.

Mais le bébé “bien éduqué” qui cesse de pleurer au bout de dix minutes de “non réaction” a-t-il réellement appris quelque chose de positif pour son avenir ? N’a-t-il pas retenu simplement qu’il était seul face aux difficultés et qu’il était inutile de chercher en l’autre une possibilité d’aide et de réconfort ? N’a-t-il pas appris à renoncer à ses besoins, à les taire et à les étouffer dans son sommeil ? Sera-t-il capable lorsqu’il sera adulte de se battre pour avancer dans le sens de ses besoins les plus profonds ? Sera-t-il capable d’établir un véritable lien de confiance, d’amour et de compassion avec les autres ?

Cultiver l’empathie en tant que parent demande parfois beaucoup d’efforts personnels. Car un enfant qui est dans la colère, nous rejette, devient provocant, génère en nous des contrariétés qui nous empêche de voir réellement sa souffrance. Dans ces situations, nous nous sentons blessés dans notre amour propre. Nous agissons alors par des réactions disproportionnées et ne sommes plus en mesure d’apporter de l’affection.

C’est en faisant appel à notre écoute intérieure pour observer nos propres émotions, nos propres réactions que nous pourront décider consciemment de la bonne conduite à tenir.

Valeur 3 : Cultiver l’acceptation

Cette dernière valeur du socle du parent en pleine conscience consiste à accepter les choses telles qu’elles sont, même si les situations que nous rencontrons ne correspondent pas à ce que nous souhaiterions vraiment.

Adopter cette valeur nécessite d’apporter à chaque instant un regard conscient pour être en capacité de se rendre compte lorsque nous refusons d’accepter les choses telles qu’elles sont.

Accepter ne signifie pas que nous devons fermer les yeux sur les agissements de nos enfants. Mais il est important d’établir une distinction claire entre des comportements que nous jugeons inacceptables et l’enfant lui-même qui doit se sentir entièrement accepté, en toute situation.

L’acceptation est une porte, et, si nous décidons de l’ouvrir, elle mène dans de nouvelles directions, vers de nouvelles possibilités. La pleine conscience aide à cultiver l’acceptation et le travail sur l’acceptation devient une forme de pratique; nous comprenons ainsi à quel point nous résistons parfois quand tout ne se passe pas selon nos désirs, quand naissent des sentiments de colère et de frustration.”

Nous sommes souvent prisonniers des convenances sociales et du qu’en-dira-t-on, que nous faisons passer avant le bien-être affectif de nos enfants. Nous nous sentons également menacés dans notre autorité et cela nous effraie. La pleine conscience nous permet de se dégager de ces emprisonnements pour se rappeler en permanence que les situations auxquelles nous sommes confrontés n’ont rien de fondamentalement personnel, même lorsqu’il s’agit de nos enfants.

La crise d’un enfant peut par exemple avoir de multiples raisons : la faim, la fatigue, le sentiment d’être mal aimé ou de ne pas être à la hauteur, la difficulté à gérer la frustration ou encore l’incapacité cérébrale à gérer une forte montée émotionnelle. Un enfant envahi par un volcan d’émotion ne cherche pas à nous attaquer personnellement. Il ne s’agit pas d’une menace. En tant qu’adulte nous devons travailler pour être en capacité d’accueillir aussi les éruptions pour accompagner l’enfant à mieux gérer les situations qui lui font perdre le contrôle.

En calmant nos propres émotions, nous pouvons tourner notre regard vers l’enfant pour identifier les causes de ses colères et ainsi l’aider à les prévenir, lui apprendre à réagir avant que le volcan ne se déclenche en lui demandant, dans les moments de retour au calme, comment les choses auraient pu se passer autrement. Notre rôle est de l’inviter à réfléchir sur ses propres expériences pour apprendre à apprendre sur lui-même et donc à s’améliorer.

Pendant les crises, l’enfant a besoin de nous sentir connectés à lui et totalement présents : “Nous ne devons pas perdre notre centre parce qu’ils ont perdu le leur. Nous sommes un grand chêne qui sert d’abri, un ami solide et protecteur, qui ne comprend pas forcément, qui n’a pas forcément les réponses, mais qui offre une présence sympathique.”

Offrir un amour inconditionnel permet à l’enfant de se sentir en totale sécurité affective et d’apprendre à surmonter les difficultés car il se sait aimé profondément.

Ces trois valeurs sont complémentaires et liées entre elles. Elles forment un parfait triangle pour être parent dans une intention de sagesse. C’est un travail qui ne se fait pas en un jour et les épreuves pour parvenir à l’attitude de parent en pleine conscience sont lourdes et compliquées. Mais chaque pas vers une plus grande ouverture est un geste d’amour que nous faisons pour nos enfants.

Je vous dis à bientôt pour la suite de ce merveilleux enseignement pour devenir “parent en pleine conscience”. Pour ceux qui souhaitent lire cet ouvrage entièrement pour s’imprégner de toute sa lumière, voici le lien :

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